Malade porteur d’une sonde vésicale à domicile

auteurs : V. Phé, M. Rouprêt

Références auteurs
La sonde vésicale à demeure est indiquée en cas d’incontinence urinaire ou de rétention permanente (paraplégique, malade inopérable) lorsque aucune autre alternative n’est envisageable. Dans tous les cas, ce geste doit être atraumatique, indolore, stérile. Il existe différents modèles de sondes, mais dans le cas d’un sondage à demeure, on utilise le plus souvent une sonde à ballonnet, de Charrière 16 ou 18, 100 % silicone, car mieux tolérée.

La poche de recueil doit être stérile, vidangeable, munie d’une valve antiretour, avec un tuyau de bon calibre, semi-rigide, comportant un site de prélèvement à urines. Les soins d’hygiène sont indispensables. Après une toilette à l’eau et au savon, il ne faut pas oublier de recalotter les hommes. La diurèse doit être abondante afin d’éviter l’obstruction de la sonde. Certaines habitudes doivent être respectées : vérifier le bon écoulement des urines, ne déconnecter la sonde du sac collecteur qu’en cas d’urgence et de manière aseptique, respecter les dates de changement de sonde (tous les mois), vider régulièrement le sac collecteur à l’aide du robinet de vidange. Tout patient porteur d’une sonde à demeure voit ses urines contaminées au bout de 3 jours si la règle du système clos n’a pas été respectée. Seules les infections urinaires symptomatiques (fièvre, douleurs, frissons, épididymite …) doivent être traitées par une antibiothérapie adaptée. L’examen cytobactériologique des urines (ECBU) doit s’effectuer uniquement par le site de prélèvement situé sur le sac collecteur, après désinfection, avec une seringue et une aiguille. Il ne faut jamais prélever les urines dans la poche de recueil car les urines présentes dans le sac peuvent avoir stagné plusieurs heures, et l’ECBU peut être ininterprétable. S’il n’y a pas de site de prélèvement, recueillir les urines directement à la sortie de la sonde, en déconnectant la sonde du sac, de façon aseptique. Lorsque la sonde est bouchée, le patient se plaint de douleurs pelviennes, et il y a des fuites autour de la sonde. Dans ce cas, il faut faire des lavages de vessie à la seringue et augmenter les
boissons. Si la sonde ne peut être débouchée, il faut la remplacer. Si les malades porteurs de sonde à demeure sont de plus en plus nombreux, il faut toujours se demander s’il n’existe pas une meilleure solution pour assurer la vidange vésicale. L’indication du sondage à demeure peut être remise en question en fonction de l’évolution de la situation d’un patient.
Plan
Introduction
Risques du sondage vésical
Terminologie
Mécanismes de l’infection
Facteurs de risque de l’infection
Diagnostic d’une infection urinaire chez le patient sondé
Traitement de l’infection
Traitement des colonisations asymptomatiques sur sonde
Traitement des colonisations symptomatiques
Prévention du risque infectieux
Méthodes de prévention
Modalités de surveillance
Conclusion

Introduction

Nombreux sont les patients qui regagnent leur domicile avec une sonde vésicale après une hospitalisation ou un passage aux urgences. Il peut s’agir par exemple de patients inopérables, chez lesquels le traitement chirurgical de l’adénome de prostate est impossible et chez lesquels une sonde à demeure a été mise en place, de patients qui ont une sonde pour une période limitée, en général dans les suites d’une intervention sur les voies urinaires, ou encore de patients atteints d’un dysfonctionnement vésical d’origine neurologique qui ne peuvent vider leur vessie que par des sondages répétés.

Une sonde vésicale peut rester « à demeure », être utilisée en autosondage (sondage réalisé par le patient lui-même) ou en hétérosondage (sondage réalisé par une tierce personne).
Quelle que soit l’indication, de nombreux travaux ont montré l’incidence élevée des bactériuries chez le malade sondé. La colonisation bactérienne est directement dépendante de la durée du sondage et des soins apportés au patient.
Afin de prévenir le principal risque qui est infectieux, le médecin doit, à la sortie de l’hôpital, informer le patient sur les précautions à prendre. À domicile, l’infirmière a un rôle primordial dans l’information et l’éducation du patient porteur d’une sonde à demeure.

Risques du sondage vésical

Laisser un patient retourner à son domicile avec une sonde vésicale est possible mais non dénué de risques. Les risques sont les mêmes que chez le patient sondé à l’hôpital mais la difficulté chez le patient sondé à domicile provient du fait qu’il n’est pas soumis à une surveillance permanente de la part du personnel médical et paramédical.
Le principal risque est infectieux. Il est le plus souvent lié au non-respect des règles d’hygiène et d’asepsie lors de la pose, au non-respect du principe du système clos, au non-respect des précautions d’asepsie lors de manipulations. Il existe effectivement, chez le patient sondé, une altération des moyens de défense vésicale par action mécanique sur l’endothélium et la couche de mucopolysaccharides acides, une perturbation du transit urinaire avec quasi constamment un résidu minime et la production d’un biofilm (enduit d’origine bactérienne qui se produit à la surface de la sonde et qui soustrait les bactéries des défenses immunitaires de l’organisme et de l’action des antibiotiques).
Par ailleurs, une sonde vésicale laissée à long terme doit être changée régulièrement (Fig. 1). Il peut alors survenir, lors du changement de sonde, des lésions traumatiques de l’urètre ou de la prostate liées à un cathétérisme forcé, un diamètre de la sonde trop important, un ballonnet gonflé dans l’urètre, ou encore à une sonde arrachée.
sonde-vesicale

Figure 1. Sonde vésicale. 1. Ballonnet intravésical ; 2. sonde double courant ; 3. sonde simple courant.

Les autres risques peuvent être une inflammation de la muqueuse vésicale liée au temps de présence de la sonde, un paraphimosis lié à un cathétérisme long ou à une rétraction du prépuce chez l’homme ou le garçon,des fuites d’urines au niveau du méat liées à une obstruction de la sonde, un ballon insuffisamment gonflé et une sonde de diamètre trop petit, une obstruction de la sonde liée à des dépôts ou à des caillots de sang.

Terminologie

Afin d’utiliser les termes les plus appropriés, le comité d’infectiologie de l’Association française d’urologie (AFU) a publié en 2007 une modification de la terminologie[1]. Les changements à prendre en compte sont lessuivants :
• le terme « bactériurie asymptomatique » est remplacé par le terme « colonisation » ;
• l’appellation « infection urinaire » disparaît au profit de « infection de l’appareil urinaire » ;
• la dénomination « pyurie » est désormais remplacée par le terme « leucocyturie ».

Mécanismes de l’infection

La présence d’une sonde urétrale est un accès permanent des germes à l’appareil urinaire.
Trois mécanismes principaux de survenue d’une infection urinaire peuvent être incriminés :
• la contamination de la vessie lors du cathétérisme par des germes présents dans l’urètre antérieur et non supprimés par la toilette avant sondage ; environ 20 % des patients sont déjà colonisés dès le sondage ;
• la propagation des germes cutanés à partir du méat urétral le long de la sonde ;
• la propagation des germes dans la lumière même de la sonde, ce qui souligne l’intérêt de maintenir clos le système de drainage. On a montré ainsi qu’à l’occasion des changements de sonde, la numération des germes était plus élevée sur l’ancienne sonde que sur la nouvelle. Une fois installée, l’infection est pérennisée par la présence de la sonde qui induit des lésions inflammatoires au niveau de la muqueuse cervicale et de la muqueuse urétrale, et qui peuvent être à l’origine d’incrustations calcaires (elles apparaissent dès la première semaine après la pose de la sonde) [2], voire de calculs qui représentent autant de nids à germes.
La voie lymphatique et hématogène est beaucoup plus rare.

Facteurs de risque de l’infection

La durée du cathétérisme représente le facteur de risque majeur des bactériuries (> 104 germes/ml). La durée du sondage dépend de l’indication du sondage. Ainsi, après un sondage aller-retour, une colonisation peut se développer dans 1 %-5 % des cas [3].
Le sondage de courte durée est défini par une sonde en place pour moins de sept jours[4]. Ses principales indications sont la surveillance de la diurèse lors d’une pathologie aiguë, une rétention aiguë d’urines, et au décours d’une chirurgie. Entre 10 % et 30 % des patients développent une colonisation. Il n’existe pas de preuve suffisante du bénéfice du sondage pour une
certaine période au décours d’une chirurgie par rapport à l’ablation de la sonde vésicale immédiatement après l’intervention [5].
Le sondage de longue durée est défini par une sonde en place depuis plus de 28 jours et est associé à un plus haut risque d’infection.
Les autres facteurs indépendants du sondage vésical mis en cause sont :
• la diurèse : plus la diurèse est faible, plus le risque est grand, d’où l’importance de bien éduquer à ce sujet le patient qui rentre à domicile ;
•la stase urinaire : l’obstruction du système de drainage à un niveau quelconque est facteur de stase, et donc de pullulation microbienne ;
• le sexe : le risque d’infection est deux fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes, du fait de la brièveté urétrale. Il existe en revanche, chez ces derniers, un risque d’épididymite aiguë et de prostatite aiguë, et les foyers prostatiques peuvent être à l’origine de récidive ;
• l’âge ;
• la présence de maladies associées telles que le diabète.

Diagnostic d’une infection urinaire chez le patient sondé

La bactériurie est souvent asymptomatique. Dans ce cas, on parle de colonisation et c’est la pratique d’un examen cytobactériologique des urines (ECBU) systématique qui la met en évidence. Elle peut aussi être à l’origine d’une fièvre à 38-38,5 °C.
L’ECBU est pratiqué dans des conditions particulières chez le patient porteur d’une sonde à demeure. Il est réalisé après clampage et désinfection avec une seringue au niveau de la chambre de prélèvement. Il faut tout faire pour ne pas rompre le système clos.
Chez l’homme, la survenue d’une épididymite ou d’une prostatite est de diagnostic facile dès lors qu’on a le réflexe d’examiner les organes génitaux et de réaliser un toucher rectal.
L’interprétation de l’ECBU ne présente que peu de particularités, si ce n’est qu’une leucocyturie sans infection est possible du fait de la présence d’un corps étranger. La présence de bactériurie à une concentration insuffisante pour porter le diagnostic d’infection urinaire est souvent annonciatrice d’une véritable infection, survenant alors dans les 24 à 72 heures suivantes.
Le germe le plus souvent rencontré est Escherichia coli. Il faut toutefois se méfier lorsque les patients viennent de séjourner à l’hôpital, ce qui est très souvent le cas. Ils peuvent être porteurs de germes multirésistants, bien connus de nos services hospitaliers : Enterobacter cloacae, Serratia marcescens,Pseudomonas aeruginosa, Enterococcus faecalis.

Traitement de l’infection

Traitement des colonisations asymptomatiques sur sonde [6, 7]

Il existe un consensus concernant l’abstention thérapeutique en cas de colonisation. Il n’existe effectivement aucune preuve de la diminution de la morbidité ou de la mortalité en cas de traitement d’une bactériurie asymptomatique (pas de diminution de l’incidence des épisodes fébriles, ni de la sévérité et de la durée de la bactériurie). Les antibiotiques créent une pression de sélection qui favorise l’émergence de bactéries résistantes[8, 9]. D’autre part, un traitement n’entraînerait qu’une amélioration temporaire et favoriserait l’émergence de germes résistants.
Dans quelques cas spécifiques seulement, le traitement de la bactériurie asymptomatique est recommandé :
• patient en situation préopératoire : interventions ou explorations urologiques ou mise en place d’une prothèse ;
• patients porteurs d’une prothèse vasculaire, articulaire ou cardiaque lors d’une manœuvre invasive ;
• épidémie à bactérie multirésistante dans une unité d’hospitalisation en concertation avec le Comité de lutte contre les infections nosocomiales ;
•patients dont la colonisation urinaire est un facteur de risque de morbimortalité : immunodéprimés, neutropéniques, femmes enceintes.
Dans le cas d’une candidurie asymptomatique, l’utilisation d’un antifongique local ou systémique n’est pas recommandée mais l’ablation de la sonde vésicale doit être envisagée.

Traitement des colonisations symptomatiques

Le traitement des colonisations bactériennes symptomatiques est recommandé et consiste en une antibiothérapie adaptée à l’antibiogramme. Il est recommandé de changer la sonde après 48 heures d’antibiothérapie sur prescription médicale. La durée du traitement varie de 5 à 21 jours selon le germe en cause, les comorbidités et la réponse thérapeutique.
Dans le cas d’une candidurie symptomatique, l’utilisation d’un antifongique systémique est recommandée[10].

Prévention du risque infectieux

Méthodes de prévention

La prescription de sortie pour un patient qui rentre à domicile avec une sonde vésicale doit comprendre :
• non seulement le matériel nécessaire pour le sondage et le confort du patient (poches pour la nuit dont la contenance est de 2 l, poches pour la journée dont la contenance est de 500 ml avec un système d’attache pour la jambe) ;
• mais également une information sur les mesures de prévention et d’éducation.
Le personnel qui prend le relais de la prise en charge thérapeutique du patient à domicile doit être formé à la prévention des risques liés à une sonde vésicale.
La première mesure est bien entendu d’éviter tout sondage inutile. Il est également nécessaire d’enlever les sondes urinaires non indispensables (sur prescription médicale), de réévaluer régulièrement la nécessité d’une sonde à demeure [11-13].
Les autres mesures de prévention de l’infection sur sonde sont d’ordre « mécanique ». On peut les énumérer comme suit :
• respecter les précautions d’asepsie lors du cathétérisme urinaire ;
• faire un lavage simple des mains avant tout soin et toute manipulation ; port de gants à usage unique ;
• utiliser des sondes en silicone dès que la durée prévisible du sondage excède 48 heures. Elles sont en effet mieux tolérées par l’urothélium et l’on connaît le rôle des microtraumatismes muqueux dans la genèse des infections urinaires ;
• choisir des sondes de calibre adapté au diamètre urétral. Des sondes de trop fort calibre gênent l’écoulement des sécrétions périurétrales qui stagnent puis s’infectent ;
• veiller au maintien d’une diurèse abondante (1,5 l/j). On ne répète jamais assez ce conseil, notamment aux personnes âgées dont la sensation de soif est amoindrie et pour lesquelles l’eau représente véritablement un médicament ; aucune étude n’a validé l’intérêt thérapeutique d’une hyperdiurèse ;
• utiliser un système de drainage clos muni d’une prise latérale pour prélèvement d’urines, ainsi que d’une poche collectrice vidangeable et munie d’un système antireflux. Il faut impérativement limiter le nombre de déconnexions ;
• veiller à maintenir un drainage déclive dans toutes les situations, même lorsque le patient se déplace sans que le sac ne touche le sol ;
• veiller à ce que ne survienne aucune coudure de la tubulure ;
• réaliser une toilette génitoanale et des soins de sonde biquotidiens avec nettoyage soigneux de la région du méat, zone d’extériorisation des sécrétions urétrales qui s’écoulent le long de la sonde.
Enfin, il faut changer régulièrement la sonde lorsqu’elle est à demeure. Il n’existe pas de consensus sur la périodicité du changement d’une sonde vésicale à demeure. Il est habituel d’effectuer un changement de sonde vésicale tous les mois. Il est recommandé de pratiquer un ECBU 24 ou 48 heures auparavant. En cas de complication infectieuse, la connaissance du germe et de sa sensibilité permet d’instaurer très précocement un traitement adapté. Sauf anomalie anatomique de l’urètre, le changement de sonde est un geste facile qui peut être réalisé par tout médecin non urologue ou infirmier si les conditions d’asepsie sont respectées.
Il est indispensable de dire au patient qu’il faut contacter le médecin en cas de fièvre, douleurs abdominales, brûlures urinaires, urines troubles ou nauséabondes et en cas d’absence d’écoulement d’urines dans le sac collecteur.
Il existe par ailleurs des alternatives au sondage à demeure qui doivent être adoptées autant que faire se peut :
• sondage intermittent : à la lumière de ces travaux, le sondage intermittent apparaît comme la solution la plus séduisante lorsqu’elle est possible, l’idéal étant bien sûr que le patient réalise lui-même les sondages(autosondages). Lorsque le sondage est réalisé par une tierce personne, on parle d’hétérosondage. Il existe désormais dans le commerce des systèmes de sondes
autolubrifiées raccordées à un sac collecteur qui permettent de se sonder dans n’importe quel lieu, avec un minimum de matériel. Il s’agit de sondages propres mais non stériles. À chaque fois que les conditions anatomiques, le niveau intellectuel et le degré d’habileté du patient le permettent, il faut adopter cette solution. Le risque infectieux est faible et le patient garde son autonomie. Dans le cas contraire, il faut se résoudre à la sonde à demeure ;
• étui pénien lorsqu’il est possible ;
• le cathéter sus-pubien n’a pas montré sa supériorité.
Points importants
Patient rentrant à domicile avec une sonde vésicale
• Remise d’une ordonnance pour les poches de recueil d’urines de jour et de nuit.
• Information et éducation sur l’appareillage.
• Signes devant l’amener à consulter un médecin en urgence.
• Le rôle du personnel paramédical est primordial dans l’éducation du patient et la prévention des risques, notamment infectieux, liés à une sonde vésicale.
• Les précautions d’hygiène et d’asepsie sont essentielles afin de prévenir les infections.
• L’indication de la sonde vésicale à domicile doit être réévaluée régulièrement.

Modalités de surveillance

Il s’agit d’une question difficile. On oscille perpétuellement entre le risque de trop en faire et celui de voir sa vigilance se relâcher devant une situation chronique (Tableau 1).

tableau-1

Certains incidents peuvent survenir à distance chez le patient en sonde à demeure.
Peu ou pas d’urines dans la poche de recueil. Plusieurs cas de figures sont possibles. Soit la sonde est bouchée par des caillots ou des incrustations, soit la sonde est déplacée, soit le patient n’a pas assez bu.
La sonde est bouchée.Le patient se plaint de douleurs pelviennes et il y a des fuites autour de la sonde.Dans ce cas, il faut faire des lavages de vessie à la seringue et augmenter les boissons. Si la sonde ne peut être débouchée, il faut la remplacer.
La sonde est déplacée. La longueur visible de la sonde est anormalement longue, le patient se plaint de douleurs ; il y a aussi des fuites autour de la sonde.Dans ce cas, la sonde doit être changée.
La sonde est arrachée. Ceci provoque une urétrorragie importante ; il faut remettre une sonde en place et la mettre en traction si le saignement persiste : tirer sur la sonde et nouer une compresse sur la sonde au contact du méat urétral. Cette traction ne doit pas être maintenue plus de 1 heure, car il y a risque d’escarre du méat.
Fuites autour de la sonde. La sonde est bouchée ou déplacée. Ilfaut vérifier la perméabilité de la sonde et la changer si
nécessaire. Il peut s’agir de contractions involontaires de la vessie. Après avoir vérifié la perméabilité de la sonde, le
médecin prescrit des antispasmodiques (oxybutynine…).
Hématurie. Elle peut être due à une inflammation chronique de la vessie (due elle-même à la présence de la sonde) ou à
une pathologie (tumeur de vessie, calcul…). Dans ce cas, il faut pratiquer des lavages de vessie à la seringue et augmenter
les boissons. Si l’hématurie persiste, il faut prévenir le médecin. Un patient avec une sonde vésicale en place depuis plus de 10 ans doit avoir un dépistage de tumeur de vessie à titre systématique.

La surveillance bactériologique des urines doit être régulière,même si aucun traitement n’est préconisé. En cas de complication infectieuse sévère, la connaissance du germe permet de gagner un temps précieux. Il est donc conseillé de faire un ECBU avant chaque changement de sonde. Une fréquence plus élevée n’est pas justifiée, sauf cas particulier. La sonde à demeure est source d’incrustation, voire de calcul vésical. Il faut notamment y penser en cas de recrudescence des complications infectieuses ou de l’apparition de nouveaux germes. Un cliché d’abdomen sans préparation centré sur la vessie peut permettre d’en faire le diagnostic lorsqu’ils sont suffisamment volumineux. Il n’est pas déraisonnable d’en faire pratiquer un tous les 6 à 12 mois. S’il est normal et qu’un doute persiste, il ne faut as hésiter à réadresser le patient à son urologue pour explorer (ou réexplorer) l’appareil urinaire. Une antibiothérapie à long terme n’est pas recommandée.

Conclusion

La surveillance d’un patient porteur d’une sonde vésicale à domicile relève autant du médecin généraliste, du spécialiste que du personnel paramédical. Ce n’est qu’en respectant des conditions d’asepsie rigoureuses et en éduquant le patient que les complications liées au sondage peuvent être limitées au maximum.
Point fort
1. Chez un patient symptomatique sans sonde,l’association d’une bactériurie 10³ufc/ml à une leucocyturie ≥ 104/ml est fortement évocatrice d’une infection.
2. Une bactériurie est à prendre en compte si elle est ≥ 10³ufc/ml mais en pratique, le seuil de 104 ufc/ml est celui à retenir (seuil de réalisation d’un antibiogramme).
3. Antibiogramme : méthode stricte et consensuelle.
• Le spectre ne suffit pas (prendre en compte le terrain et la diffusion tissulaire).
• En présence d’un agent pathogène résistant à l’acide nalidixique, il est recommandé de ne pas utiliser cette classe.
• En présence d’un entérocoque résistant à bas niveau aux aminosides, l’association amoxicilline + aminoside reste la référence car synergique.
L’utilisation de la bandelette chez le sujet âgé non sondé est une méthode fiable sous réserve du respect des conditions d’utilisation de la bandelette.
4. Le choix de l’antibiotique doit se faire en choisissant la molécule du spectre le plus étroit.
• La concentration tissulaire de l’antibiotique doit être au moins égale à la concentration minimale inhibitrice (CMI) du germe visé.
•Le cycling des antibiotiques consiste à substituer périodiquement un antibiotique à un autre dans le but de réduire le développement des souches résistantes.
• Diminuer la consommation = respecter les indications,les durées utiles, ne pas traiter les colonisations, en privilégiant les stratégies courtes.
Références
Pour en savoir plus
Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé. Qualité de la pose et de la surveillance des sondes urinaires, décembre 1999.
www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/nosoco/guide/txt15.html.
100 recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales. Prévention des infections urinaires nosocomiales.
Pilly E. CMIT. Maladies infectieuses et tropicales. Paris: Vivactis Plus; 2010. Le POPI. 2009 CMIT.
Maladies infectieuses et tropicales : guide de traitement; référence pour une bonne pratique médicale. Le Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales, CMIT. Paris: Vivactis plus; 2009.
Toute référence à cet article doit porter la mention : Phé V., Rouprêt M. Malade porteur d’une sonde vésicale à domicile. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Traité de Médecine Akos, 5-0686, 2010.
cet article et ce quiz sont tirés du traité de Médecine Akos
akos
 AKOS (Traité de Médecine)
© 2010 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

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20 Commentaires

  • MERLE le Jan 18, 2019 Réponse

    bonjour peut;on avoir un echantillon de vos sondes a ballonnet pour homme
    j merle

    • Monique Remillieux
      Monique Remillieux le Jan 18, 2019 Réponse

      Bonjour, nous sommes un éditeur. Pour obtenir des échantillons, tapez « sondes à ballonnet » dans votre moteur de recherche et vous trouverez des sociétés qui les commercialisent, telles que Bbraun ou Teleflex, et qui pourront répondre à votre demande.

  • Montier le Déc 28, 2018 Réponse

    je doit faire une formation afin de me sonder moi mème pouvez vous me donner des renseigements merci à l’avance

  • Ghalem Bourtal le Déc 05, 2018 Réponse

    J’ai consulter un urologue pour petit gène urinaire pour la première fois dans cette clinique,après m,avoir consulter il ma dit il faut faire une beobcie (opération)peut être un cancer son risque,après l’intervention le résultat est négatif,mais j,avait des douleurs abdominales intenses,ma vie devenue un enfer,j’ai consulter d’autres urologues il mon confirmé que ma prostate et normale,pourquoi il vous à opéré se urologue,maintenant je me sonde 15par nuits avec des speedicafh flex,je demande si il y a d,autres victimes par des urologues mal honnêtes,et quelle sont les démarches à suivre,merci.

  • BABA le Déc 15, 2017 Réponse

    Je suis un patient poteur de sonde,je veus savoir a quel condition on peu augmenté le numero des sondes que ont veulent les remplacé?

    • Monique Remillieux
      Monique Remillieux le Déc 18, 2017 Réponse

      Bonjour,
      Ce site est à destination des professionnels. Pour votre préoccupation de choix de la charrière, adressez-vous à votre médecin généraliste ou à un urologue. J’espère que vous trouverez une solution qui vous conviendra.

  • BLUZAT le Oct 26, 2017 Réponse

    l’infirmier constitue un acteur en temps réel expérimenté en matière de changement de sonde à demeur :
    – délégation et obligation de changer toutes les sondes bouchées constitue les droits et obligations et les premiers soins en faveur d’une limite d’infection
    JE DEMANDE LA MISE A JOUR DU CODE MEDICAL ET DU DECRET 2004-802
    L’AP-HP ne change pas les sondes bouchées !

  • Brodard Jacques le Oct 25, 2017 Réponse

    Je suis un patient qui porte une sonde sus-pubienne à demeure, longtemps je n’ai pas eu de problème (8 ans) et maintenant j’ai régulièrement des dépôts qui bouchent la sonde. J’ai consulté le médecin qui ne sait pas quoi faire, alors je voulais savoir si quelqu’un avait eu le même problème et comment on peut le résoudre.

    • roland dargaud le Fév 14, 2018 Réponse

      Bonjour ; J ai une sonde à demeure depuis 2003 suite à une sclérose en plaques ;et moi aussi ma sonde se bouchait par un dépôt blanchâtre mon généraliste m a prescrit un médicament :le « Phosphoneuros  » médicament prescrit par ordonnance !Personnellement je prenais et prend toujours la dose de 50 gouttes à midi et 50 gouttes le soir ; et dès la prise de ce médicament ;en quelques semaines ces dépôts blanchâtre ont disparus ainsi que toute obstruction de ma sonde ! Cela fait des années que je prends ce remède sans jamais avoir eut le moindre problème suite à une constante prise de ce remède !Bonne santé à vous !

  • Brodard Jacques le Oct 10, 2017 Réponse

    je suis un patient et j’ai une sonde sus-pubienne, j’ai déjà consulté une médecin parce que ma sonde se bouche régulièrement, sur son conseil je prends une cuillère de vinaigre de pomme chaque matin mais rien n’a changé, Est-ce que quelqu’un peut m’indiquer un moyen de dissoudre ce sable qui bouche ma sonde ?

    • Monique Remillieux
      Monique Remillieux le Oct 10, 2017 Réponse

      Bonjour, je suis désolée que vous rencontriez des problèmes avec votre sonde. Notre site est destiné à des professionnels de la santé et nous ne donnons pas de conseils aux patients. Il convient de consulter votre médecin, qui pourra vous conseiller ou vous orienter vers un autre spécialiste.

  • Cellier le Déc 14, 2016 Réponse

    Bonjour
    Je suis infirmière libérale, j’ai posé une sonde vésicale à une patiente , qui restera un mois .
    Pouvez-vous me dire si je dois changer le sac collecteur des urines tous les jours ?
    Les soins d’hygiène quotidiens sont effectués au savon doux puis on désinfecte avec de la betadine.
    Doit-on changer ce protocole ?
    Merci pour votre réponse

  • sur le médicament amoxicilline le Déc 02, 2016 Réponse

    Merci pour tous ces renseignements. Je pense que le médicament amoxicilline est présent partout quand il s’agit d’infection. Cependant, quel est selon vous l’origine de cette maladie vésicale ?

    • Monique Remillieux
      Monique Remillieux le Déc 02, 2016 Réponse

      Bonjour, merci pour votre message, ce blog est destiné à des étudiants et professionnels. Pour les messages ultérieurs, si vous êtes un patient, rapprochez-vous de votre médecin. Si vous n’êtes pas un patient, indiquez votre métier ou niveau d’études.

  • pluchart le Oct 08, 2016 Réponse

    Bonjour. On m’a posé une sonde urinaire suite à une prostatite aigûe, avec infection urinaire. La veille, par une échographie de la prostate, le radiologue avait constaté que la vessie ne se vidait pas. J’ai eu de fortes douleurs durant la pose de la sonde. Je n’ai eu qu’un calmant à 4 h du matin, en insistant. Est ce normal d’avoir cette douleur insupportable ? Merci

    • Monique Remillieux
      Monique Remillieux le Oct 10, 2016 Réponse

      Merci pour votre message. J’espère que votre équipe médicale a depuis soulagé votre douleur. Ce blog est un espace d’échanges et d informations pour le personnel médical et paramédical et ne peut pas se substituer à une consultation. Bon courage et bon rétablissement.

      • Mancini le Oct 22, 2016 Réponse

        Mon père (90 ans) a une sonde à demeure. Elle doit être changée demain par l’IDE. A chaque changement, il a atrocement mal durant le passage de la sonde. C’est pour moi insoutenable de le voir souffrir comme cela. On met du gel XYLOCAINE à l’entrée mais cela ne suffit pas. Avez vous connaissance d’autre moyen de ne pas faire souffrir autant mon père.

        • Monique Remillieux
          Monique Remillieux le Oct 22, 2016 Réponse

          je suis vraiment désolée pour votre père, mais nous ne faisons pas de consultation médicale à distance. Voyez votre médecin.

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