Intoxications accidentelles domestiques

C. Pulce : Praticien hospitalier

Centre antipoison, Hospices Civils de Lyon, site Lacassagne, 69424 Lyon cedex 03, France

Résumé

Les intoxications accidentelles domestiques sont fréquentes. Les produits mis en cause sont hétérogènes : médicaments, produits ménagers, plantes, produits d’hygiène et cosmétiques, matériel de bureau, pesticides à usage domestique, etc. Les expositions touchent le plus souvent l’enfant en bas âge, bien que l’adulte ne soit pas épargné par les projections oculaires, cutanées ou les ingestions de produits déconditionnés. Elles restent le plus souvent sans conséquence, ce qui ne doit pas faire oublier les situations les plus à risque du fait des produits (médicaments à faible marge thérapeutique, produits corrosifs comme la soude ou l’ammoniac, bifluorure d’ammonium), du fait des patients (antécédents neurologiques, cardiaques, déficients mentaux, etc.), du fait des circonstances d’intoxication (grandes quantités, produits très concentrés, etc.). Toute exposition doit donc bénéficier d’une évaluation de risque personnalisée qui prend en compte la toxicité des produits, les quantités mises en jeu, le patient, les circonstances d’intoxication et conduit à une prise en charge adaptée.

Mots-clés : Intoxication accidentelle, Accident domestique, Accident de la vie courante, Produits ménagers

Introduction

Ces expositions restent, dans bon nombre de cas, asymptomatiques ou peu sévères, la majorité des produits présents en milieu domestique étant peu dangereux et les quantités mises en œuvre faibles. Il n’en reste pas moins que certaines situations restent plus à risque du fait des produits eux-mêmes (produits corrosifs, produits de bricolage, de jardinage, ou produits ramenés du travail, etc.), du fait des antécédents des patients (pathologies cardiocirculatoires, épilepsie, etc.), de l’ingestion d’une plus grande quantité liée à l’état neuropsychiatrique du patient (autistes, déments, etc.). Toute exposition doit donc bénéficier d’une évaluation de risque personnalisée, prenant en compte le produit, les circonstances d’exposition, le patient et ses antécédents. La conduite à tenir doit être adaptée à cette évaluation, tant en ce qui concerne le lieu de prise en charge que les traitements symptomatiques et/ou spécifiques à mettre en œuvre. Le suivi clinique et la connaissance de l’évolution de toute intoxication grave ou rare vont permettre d’améliorer les connaissances toxicologiques, les données épidémiologiques et d’émettre une alerte rapide devant un phénomène nouveau.Les intoxications accidentelles survenant à domicile sont fréquentes. Les situations d’expositions sont stéréotypées. Elles sont liées aux activités de ménage, de bricolage, de jardinage, aux erreurs thérapeutiques, mais surtout, en dehors d’une activité spécifique, elles touchent l’adulte du fait du déconditionnement d’un produit par exemple, et plus encore l’enfant, du fait de sa non-perception du risque. Ce sont ces expositions, hors d’une activité spécifique, qui constituent plus classiquement les intoxications accidentelles domestiques. Elles surviennent dans toutes les pièces d’habitation de la maison, bien que certaines d’entre elles, comme la cuisine, les W.-C. et la salle de bain, soient plus à risque car lieux de stockage de produits ménagers. D’autres parties de la maison sont pourvoyeuses d’expositions particulières, aux plantes dans le jardin, à des pesticides ou à des produits de bricolage dans la cave ou le garage. Les produits en cause sont, par ordre de fréquence, les spécialités pharmaceutiques, les produits ménagers, les plantes, les produits cosmétiques, etc.

Ces expositions restent, dans bon nombre de cas, asymptomatiques ou peu sévères, la majorité des produits présents en milieu domestique étant peu dangereux et les quantités mises en œuvre faibles. Il n’en reste pas moins que certaines situations restent plus à risque du fait des produits eux-mêmes (produits corrosifs, produits de bricolage, de jardinage, ou produits ramenés du travail, etc.), du fait des antécédents des patients (pathologies cardiocirculatoires, épilepsie, etc.), de l’ingestion d’une plus grande quantité liée à l’état neuropsychiatrique du patient (autistes, déments, etc.). Toute exposition doit donc bénéficier d’une évaluation de risque personnalisée, prenant en compte le produit, les circonstances d’exposition, le patient et ses antécédents. La conduite à tenir doit être adaptée à cette évaluation, tant en ce qui concerne le lieu de prise en charge que les traitements symptomatiques et/ou spécifiques à mettre en œuvre. Le suivi clinique et la connaissance de l’évolution de toute intoxication grave ou rare vont permettre d’améliorer les connaissances toxicologiques, les données épidémiologiques et d’émettre une alerte rapide devant un phénomène nouveau.

Données épidémologiques

Les données épidémiologiques sont peu nombreuses. En 2006, les centres antipoison et de toxicovigilance ont recensé, en France, 197 042 cas d’expositions humaines à un toxique dont 82,5 % étaient des expositions accidentelles. L’analyse de 130 463 dossiers montre que ces expositions accidentelles surviennent à domicile dans 85,1 % des cas. Les accidents de la vie courante et les accidents liés à un défaut de perception du risque, correspondant aux deux circonstances les plus fréquentes de ces accidents domestiques, représentent 60,6 % de l’ensemble des circonstances d’exposition, les erreurs thérapeutiques 10,5 %. Parmi les agents en cause, les spécialités pharmaceutiques (28 %) et les produits à usage domestique (19,2 %) sont les plus souvent impliqués dans les expositions accidentelles. Les substances chimiques (8,5 %) et les produits industriels (7,9 %), qui sont les troisième et quatrième causes d’intoxications accidentelles, sont le plus souvent en jeu dans les intoxications professionnelles ou lors des activités de bricolage. Viennent ensuite les plantes (5,4 %) et les produits cosmétiques (4,4 %). Les produits phytopharmaceutiques (4,2 %) sont plus souvent le fait d’une intoxication professionnelle de l’agriculteur ou accidentelle du jardinier du dimanche. Ces derniers produits sont cependant sources d’intoxications accidentelles de l’enfant lorsqu’ils restent à sa portée, stockés dans le garage par exemple. Les produits alimentaires ou diététiques (3,4 %) et les champignons (2 %) sont parfois impliqués dans les intoxications domestiques [1]. Les intoxications accidentelles, non alimentaires, par ingestion d’un morceau de champignon cru, trouvé dans leur jardin par des enfants, représentaient, à Lyon, 18 % des intoxications par champignons pour les années 2005 et 2006 cumulées. L’ingestion de corps étrangers et de matériel scolaire ou de bureau (respectivement 1,1 et 0,9 % des cas) sont, dans la plupart des cas, le fait d’accidents domestiques. Quel que soit le produit, la classe d’âge de 1 à 4 ans est la plus représentée (46,3 %) [1].

Les centres antipoison français sont sollicités à la fois par des particuliers et par des professionnels de santé. Il est certain que l’ensemble des cas qui leur sont notifiés ne permet pas d’estimer l’incidence réelle des expositions. Les professionnels ne font généralement appel aux centres antipoison qu’en présence d’intoxications inhabituelles pour lesquelles ils ne disposent que de peu d’information, mettant en cause des produits dont ils ne détiennent pas la composition ou lorsqu’ils souhaitent être confortés dans la prise en charge médicale d’une intoxication grave

Ces résultats sont similaires sur un grand nombre de points à ceux d’autres centres antipoison européens et américains. L’exposition a lieu majoritairement au domicile : dans 88,9 % des cas britanniques et 85,5 % des cas belges, quelles que soient les circonstances. Les classes de produits le plus souvent impliquées sont les médicaments et les produits domestiques : respectivement dans 63 et 13 % des cas au Royaume-Uni, et 46,5 et 27,8 % en Belgique, quelles que soient les circonstances [1].

Intoxications accidentelles domestiques

Intoxications médicamenteuses

Comme l’ont montré les données épidémiologiques, les expositions accidentelles domestiques à un médicament, même après exclusion des erreurs thérapeutiques, sont fréquentes. Elles touchent spécifiquement l’enfant. Si l’hétérogénéité des principes actifs ne permet pas une évaluation globale du risque, une corrélation existe entre les circonstances et le risque, et quatre situations peuvent être individualisées.

L’enfant a accès à une unité de médicament au moment où l’administration devait avoir lieu, comprimé posé à côté de l’assiette au moment du repas par exemple. La quantité ingérée est précise et limitée à un comprimé la plupart du temps. Il existe peu de médicaments qui, pour une unité de prise, mettent en jeu le pronostic vital d’un enfant. La méthadone, qui est commercialisée sous forme de comprimés depuis 2008, peut mettre en jeu le pronostic vital d’un enfant dès un comprimé, notamment pour les comprimés de fort dosage (20 et 40 mg) et la forme sirop [2]. Dès deux comprimés, certaines familles pharmacologiques peuvent avoir des conséquences graves chez le jeune enfant et parfois mettre en jeu le pronostic vital, entre autres, les antidépresseurs tricycliques, les calcium-bloqueurs, les bêtabloquants, les opioïdes, les antihypertenseurs d’action centrale mais aussi la chloroquine, la flécaïne, la quinidine, etc.

L’enfant a accès à un conditionnement de médicament qui lui était destiné et qui est resté accessible, rangé dans sa chambre par exemple. La quantité ingérée peut être importante, notamment s’il s’agit de sirop ou de gouttes, mais il s’agit de molécule et de formulation adaptée à l’âge et au poids, dans la plupart des cas, l’exposition aiguë reste sans conséquence pour ce qui concerne les médicaments courants (antibiotiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens, corticoïdes, antitussifs non opiacés, etc.). Cependant, certains médicaments, d’utilisation moins courante heureusement, restent très à risque et peuvent mettre en jeu le pronostic vital (digitaliques en solution, opiacées fortement dosées à visée antalgique comme le Codenfan®, etc.). Cette liste ne peut bien sûr être exhaustive et une évaluation du risque individualisée est nécessaire pour chaque exposition.

L’enfant a accès à un conditionnement de médicament destiné à un adulte. La quantité ingérée peut être importante, la molécule et la formulation sont non adaptées à l’enfant. Cette situation est par définition plus à risque, mais si certaines molécules ont des marges thérapeutiques étroites, d’autres sont très importantes. Seule l’évaluation du risque individualisée va permettre une prise en charge adaptée.

L’enfant a accès à la pharmacie familiale, les médicaments sont multiples, les quantités difficiles à préciser, les interactions et/ou sommations d’effets parfois non maîtrisables. Cette situation est par définition très à risque et une surveillance médicale à l’hôpital est le plus souvent nécessaire. Des dosages toxicologiques sont parfois le seul recours pour évaluer l’exposition.

Intoxications par produits ménagers

Les produits ménagers sont impliqués dans un grand nombre d’expositions accidentelles domestiques, juste après les médicaments. L’hétérogénéité des classes chimiques utilisées rend mal aisée l’exhaustivité et l’exposition simple et attractive des données toxicologiques.

Détergent

Détergents anioniques et non ioniques

Utilisation

Ils sont utilisés dans de nombreux produits ménagers : détergents vaisselle à la main, nettoyants de surface prêts à l’emploi, lessives pour le linge, produits d’hygiène (shampooings, savons liquides, gels douches, bains moussants).

Toxicité

Ils n’ont pas de toxicité systémique. Ils sont irritants et ils moussent. Les anioniques sont les plus moussants, les non ioniques les plus irritants.

Expression clinique

L’ingestion de quantités modérées usuellement rencontrée dans les accidents domestiques reste asymptomatique ou induit des signes digestifs isolés et modérés.

Les rares cas d’ingestion de quantités massives sont le fait de patient ayant des antécédents particuliers. L’inondation bronchique, favorisée par le non-respect des contre-indications (évacuation digestive, boissons) et la position déclive en font alors toute la gravité.

Conduite à tenir

Elle se cantonne au respect des contre-indications, absence d’évacuation digestive, restriction hydrique une ou deux heures, dans la plupart des cas. En situation d’envahissement bronchique (rarissime), la prise en charge est aspécifique, en réanimation si besoin.

Détergents cationiques

Utilisation

Les TAC sont peu utilisés dans les produits ménagers à visée grand public, à l’exception des assouplissants textiles. Ils sont plus fréquemment utilisés dans des produits pour collectivités destinés à la désinfection de surfaces dans les hôpitaux et maisons de retraite. En bricolage, on les trouve dans les algicides pour piscine, les antimousses pour les toitures, etc.

Toxicité

Certaines substances appartenant à cette famille sont corrosives en solutions modérément concentrées (dès 10 % pour le chlorure de benzalkonium). D’autre molécules bien qu’appartenant à cette même famille sont simplement irritantes à ces mêmes concentrations.

Expression clinique

Des lésions caustiques digestives ont été rapportées avec les désinfectants de collectivité [3], les algicides pour piscine et les antimousses pour les toitures. Cet effet n’est pas observé avec les adoucissants textiles.

Conduite à tenir

Elle est non spécifique. Le respect des contre-indications s’impose. L’évacuation digestive est proscrite. Une prise en charge de type « corrosif » est nécessaire en cas d’ingestion de produits concentrés. L’ingestion d’adoucissants textiles ne justifie que la prescription d’un pansement gastrique.

Produits pour lave-vaisselle

Produit de lavage

Utilisation

Ce sont des produits domestiques courants, commercialisés sous forme de poudre, de liquide épais ou de pastilles. Une nouvelle forme commerciale, liquide en dosette hydrosoluble, est en train de faire son apparition sur le marché français (forme utilisée depuis quelques années pour les liquides de lavage du linge en machine). En milieu domestique, les pastilles restent actuellement les plus utilisées. Ces produits contiennent des sels alcalins de sodium (métasilicates, pyrophosphates, etc.). La composition des produits récents, à usages strictement domestiques, a tendance à s’orienter vers la réduction des métasilicates au profit des disilicates moins alcalins. Les produits utilisés en collectivité peuvent contenir des alcalins plus puissants, telle la soude caustique.

Toxicité

Ce sont des produits alcalins. Les poudres, très hygroscopiques, adhèrent à la muqueuse, prolongeant le temps de contact [3]. Les liquides épais adhèrent eux aussi à la muqueuse. Les pastilles, formes les plus utilisées à l’heure actuelle, sont suffisamment grosses pour ne pas être avalées mais plutôt sucées. Dans ce cas, le désagrément immédiat provoque l’arrêt rapide de l’exposition. La diminution du nombre et de la gravité de ces expositions est a priori attribuable à ces changements de forme commerciale. La composition des produits à usages strictement domestiques a tendance à voir diminuer leur proportion de substances alcalines, limitant encore leur dangerosité [4]. Les produits de collectivités, parfois ramenés à domicile, restent fortement alcalins.

Expression clinique

Elle est fonction de la concentration, de la forme physique, des quantités ingérées et de la durée d’exposition. L’ingestion accidentelle de petites quantités chez l’enfant n’entraîne usuellement pas ou peu de lésions. Les produits sous forme de poudre sont responsables de lésions plus sérieuses. La localisation en est oropharyngée (érythème, œdème, brûlures, avec risque de détresse respiratoire, etc.), exceptionnellement œsophagienne (simple érythème, brûlures œsophagiennes circonférentielles, etc.) [5]. Les ingestions de grandes quantités sont le fait des tentatives de suicide avec des gels notamment. Les lésions sont alors plus étendues et plus profondes.

Conduite à tenir non spécifique

Elle est non spécifique. L’évacuation digestive est contre-indiquée. La nécessité d’un avis spécialisé est fonction des produits, des formes commerciales, des circonstances et des signes cliniques. Un simple rinçage est suffisant lorsqu’un grain de produit est déposé sur la langue. À l’inverse, une prise en charge de type corrosif est nécessaire lors de l’ingestion d’une poignée de produit [6].

Produits de rinçage pour lave-vaisselle

Composition

Ils sont à base de chlorure de sodium.

Toxicité

Ils ne posent pas de problème spécifique.

Expression clinique

Seules de grandes quantités (tentative de suicide) induiraient des troubles ioniques.

Conduite à tenir

Elle est non spécifique.

Désinfectants

Les produits à visée grand public sont principalement à base d’eau de Javel, de chloro-isocyanurate qui relarguent du chlore et, plus rarement, de TAC parfois associés à des alcools. Les produits utilisés dans les collectivités sont fréquemment à base de TAC, parfois fortement concentrés.

Eau de javel

Composition

L’eau de Javel, encore appelée Javel, est constituée d’hypochlorite de sodium. Elle est commercialisée à des concentrations différentes. Elle est conditionnée dans des berlingots mous de 250 ml titrant actuellement à 36̊ chlorométriques (9,6 %) alors qu’elle titrait à 48̊ chlorométriques il y a quelques années. À cette concentration, elle est communément appelée Javel concentrée. La Javel s’utilise diluée. La confection d’un litre de Javel est obtenue en ajoutant 750 ml d’eau à un berlingot de 250 ml. Dans le commerce, on la trouve aussi directement prête à l’emploi, dans les bouteilles en contenant un à deux litres. Dans ce cas, elle titre actuellement à 9̊ chlorométriques (2,6 %) contre 12̊ autrefois. L’eau de Javel est instable, dégradée par la chaleur. L’addition de soude caustique à l’hypochlorite permet de stabiliser le produit. L’hypochlorite de sodium se dégrade en présence d’acide, libérant du chlore, gaz corrosif pour l’arbre trachéobronchique. Cette situation n’est pas rare en milieu domestique, du fait du mélange de la Javel avec un acide contenu dans un détartrant W.-C. par exemple. Une solution diluée peut aussi être obtenue à l’aide de comprimés, souvent appelé Javel solide, contenant du di- ou du tri-chloro-isocyanurate de sodium, qui, au contact de l’eau, libère du chlore actif.

Toxicité

La Javel est une substance oxydante. Le contact prolongé avec des produits concentrés (solution à 36̊ chlorométriques ou comprimés solides) expose à des lésions caustiques. Une hypernatrémie d’apport est possible lors d’ingestion de grandes quantités. Le chlore, qui est relargué lors du mélange d’eau de Javel avec des détartrants acides, est corrosif pour l’arbre trachéobronchique.

Expression clinique

Elle est liée à la concentration et aux circonstances d’exposition qui conditionnent les quantités ingérées.

L’ingestion accidentelle d’une gorgée de produit dilué provoque, au maximum, des signes d’irritation très modérée de la muqueuse gastrique [7].

L’ingestion d’une gorgée de produit concentré entraîne une irritation modérée de la muqueuse gastrique. Il en est de même pour l’ingestion de fragments de Javel solide.

L’inhalation accidentelle de chlore (mélange de Javel avec un acide, détartrant W.-C. par exemple) peut entraîner des lésions corrosives respiratoires pouvant aller jusqu’à l’œdème aigu du poumon, rarement immédiat (intoxications sévères) mais plus fréquemment retardé, évoluant en trois temps : irritation des voies aériennes supérieures, bronchospasme, intervalle libre, puis, atteinte alvéolaire retardée. Un syndrome de Brooks est possible [8].

L’ingestion volontaire d’une grande quantité de produit dilué, dans le cadre d’une tentative de suicide peut être responsable d’une gastrite parfois intense.

L’ingestion volontaire d’une grande quantité de produit concentré entraîne des lésions corrosives de la muqueuse gastrique (temps de contact long) qui peuvent évoluer vers la perforation. Les signes de gravité ne sont pas aussi immédiats qu’avec d’autres caustiques. Le tableau clinique peut se compléter par une acidose métabolique hyperchlorémique, une hypernatrémie importante, une pneumopathie de déglutition, un choc cardiocirculatoire secondaire à une perforation, le tout mettant en jeu le pronostic vital du patient [9].

Conduite à tenir non spécifique
  • l’évacuation digestive est contre-indiquée. L’hyposulfite de sodium dont le pouvoir neutralisant n’a jamais été démontré in vivo est abandonné ;
  • l’ingestion accidentelle d’un produit dilué ne nécessite aucune prise en charge. Celle d’un produit concentré est à prendre en compte en cas de signes d’appel digestifs. Des pansements gastriques sont proposés si les quantités sont faibles. Les lésions sont à inventorier si les quantités ingérées sont importantes (patients déments) ou les douleurs gastriques persistantes ;
  • l’inhalation de vapeur de chlore impose une conduite à tenir non spécifique. Une oxygénothérapie doit être mise en œuvre rapidement, dès la préhospitalisation. Le bronchospasme est traité par des aérosols de bronchodilatateurs. Une corticothérapie est proposée devant une symptomatologie asthmatiforme ou en cas d’œdème laryngé. Des nébulisations de bicarbonate de sodium ont été proposées ;
  • l’ingestion volontaire de Javel diluée, en grande quantité, impose une surveillance hospitalière. Un examen endoscopique n’est pratiqué que sur la persistance de signes d’appel digestifs. À l’inverse, l’ingestion de produit concentré nécessite une prise en charge hospitalière en urgence de type caustique [6], même si les signes cliniques initiaux semblent modérés. Une surveillance ionique est indispensable (chlorémie, natrémie, etc.).

Produits nettoyants de surface

Nettoyants cuisines, salles de bains, sols, etc

Ils sont à base de TANI, parfois de TAA (cf. « Détergents »), avec parfois des additifs (ammoniac, chlore, etc.) en très faible quantité. Leur toxicité est celle des tensioactifs (irritant, moussant). Les additifs ne jouent usuellement aucun rôle.

Nettoyants vitres

Composition

Ils peuvent être à base de détergents, mais le plus souvent contiennent aussi des alcools (éthylique, isopropylique, etc.) ou des glycols (éthylène-glycol rarement, butyl-glycol surtout, etc.) ou des éthers de glycol à concentration souvent voisine de 10 %. Des additifs de type ammoniaque, acide acétique, etc., sont parfois présents en quantité négligeable.

Toxicité

Elle est directement liée à la composition spécifique du produit en particulier s’il contient des glycols [10]. Les additifs de type ammoniaque, acide faible, etc. sont présents en quantité négligeable, n’interférant pas sur la toxicité.

Expression clinique

Elle dépend de la quantité ingérée et ne se développe que lors d’ingestions importantes dans le cadre de tentatives de suicide de produits à base d’éthylène-glycol ou de butyl-glycol.

Conduite à tenir

Lors d’ingestion accidentelle, l’abstention thérapeutique est de mise sauf si les quantités mises en cause sont hors normes. Elle est spécifique des composants en particulier ceux à base de glycol [10].

Nettoyants métaux

En milieu ménager, ces produits sont destinés à nettoyer les cuivres, l’argenterie, l’inox, etc. Certains sont dits « polyvalents ».

Composition

Elle est variable, allant du détergent courant (TANI, TAA) en solution dans l’eau, aux produits abrasifs inertes en suspension dans des dérivés pétroliers (white spirit, xylène, etc.) ou alcooliques (éthanol, isopropanol, méthanol, etc.). De rares produits contiennent des acides en faible pourcentage (acides citrique, phosphorique, sulfurique, rarement sulfamique ou oxalique, etc.).

Conduite à tenir

Elle dépend de la composition qui doit être précisée.

Cires et encaustiques

Composition

Ils sont à base de cires synthétiques (silicones), ou naturelles (minérales), de solvants pétroliers (white spirit, xylène, toluène). Leur forme physique, qui a un impact sur la dangerosité, est elle aussi variable : formes liquide, solide, pâteuse.

Toxicité

Elle est principalement digestive et pulmonaire, les dérivés pétroliers ayant de plus un impact neurologique à très forte dose.

Expression clinique

Elle est liée à la forme physique du produit.

Les produits solides ou pâteux entraînent tout au plus des douleurs digestives.

Les produits liquides, volatils, sont responsables, lors d’ingestion accidentelle de faible dose, de troubles digestifs modérés et, en cas de fausse route, d’atteintes pulmonaires (rarissimes œdèmes aigus du poumon [OAP] par inondation bronchique massive, très fréquentes pneumopathies). La toux initiale est un bon critère pronostique de l’atteinte pulmonaire. Le risque est majoré par les vomissements, spontanés ou provoqués.

L’ingestion de grandes quantités (tentative de suicide) peut conduire à des complications neurologiques précoces (syndrome ébrionarcotique, coma), des troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs digestives, lésions digestives basses, notamment anales) et des troubles respiratoires (pneumopathies d’inhalation).

Nettoyants tapis et moqettes

Toxicité

Ces produits sont à base de détergents anioniques ou non ioniques, qui sont de simples irritants digestifs. L’ammoniaque du commerce, vendu au litre, a parfois aussi cet usage. L’ingestion d’ammoniaque même en quantité modeste entraîne des lésions corrosives de toute la muqueuse digestive qui peuvent évoluer vers la perforation. Les signes de gravité apparaissent rapidement. Le tableau clinique associe des douleurs digestives et une hypersalivation. Il peut se compléter par des hémorragies digestives, une acidose métabolique, un choc cardiocirculatoire secondaire aux hémorragies abondantes ou à une perforation œsophagienne ou gastrique, le tout mettant en jeu le pronostic vital du patient.

Antistatiques et dépoussiérants

Composition

Les antistatiques pour disques sont, pour la plupart des produits, sous forme liquide, à base d’alcools éthyliques ou méthyliques [10].

Les dépoussiérants pour le matériel photo, hifi, vidéo, informatique sont commercialisés sous forme d’aérosols, dont l’embout est prolongé par un fin tuyau de plastique souple d’une quinzaine de centimètres de long. Ils sont actuellement à base d’hydrochlorofluorocarbures (HCFC).

Toxicité

Les dépoussiérants en spray incriminés dans des détournements d’utilisation (sniffage pour modification de la voie, euphorie, ébriété, etc.) sont responsables de troubles de conscience, de mécanisme non élucidé : toxicité neurologique directe, malaise vagal (lié à la délivrance directement au niveau de l’arrière-gorge de la phase glacée par l’intermédiaire du tuyau souple placé au fond de la gorge), laryngospasme.

Expression clinique

Des pertes de connaissance brèves sont le plus souvent rapportées, compliquées parfois par des traumatismes crâniens. Des fibrillations ventriculaires et des décès sont décrits dans la littérature.

Conduite à tenir

Elle est symptomatique.

Produits pour linge et tissus

Poudres et liquides de lavage

Composition

Les poudres sont à base de détergents non ioniques auxquels sont ajoutés divers adjuvants (sulfate de sodium, charge, émulsifiants, agents mouillants, phosphates, tripolyphosphates [diminution de la dureté de l’eau]) carbonates ou silicates de sodium (lessives sans phosphate), acides nitriloacétiques (nitrilotriacétate), zéolithes (aluminosilicates synthétiques ou naturels), citrates, éthylène-diamine tétra-acétate (EDTA) (agent complexant du calcium et du magnésium), agents de blanchiment (perborates, percarbonates, hypochlorite de sodium), agents antiredéposition (carboxyméthyl-celluloses, oxycarboxylates), enzymes (protéases, amylases) et des brillants optiques. Les liquides ont des formulations à peu près similaires mais en solution aqueuse ou hydroalcoolique. Ces liquides sont maintenant commercialisés en dosettes hydrosolubles (liquitabs ), qui peuvent contenir, en sus des détergents, des dérivés de l’éthanolamine, des glycols.

Toxicité

Les poudres sont peu moussantes mais les phosphates et carbonates sont irritants. Les liquides sont en général moins irritants que les poudres. Les dosettes hydrosolubles, en raison de leur viscosité et d’une composition un peu plus agressive, sont plus irritantes. De plus, leur petite taille et la fragilité de l’emballage en milieu humide permettent, lorsque l’enfant le met en bouche, l’éclatement de l’emballage favorisant les fausses routes et la diffusion de plus grandes quantités.

Expression clinique

Elle est constituée par des douleurs digestives de type irritatives. Des lésions oto-rhino-laryngologiques (ORL) phlycténulaires et des ulcérations minimes du haut œsophage, associées à un œdème glottique ou sous-glottique, ont été décrites avec les dosettes hydrosolubles [11]. Des lésions de cornée en cas de projections de produits concentrés non rincés sont possibles. Ces lésions sont plus fréquentes et plus souvent graves avec les dosettes hydrosolubles [11]. Des lésions cutanées (second degré superficiel) liées à un contact prolongé ont été recensées avec les dosettes [11].

Conduite à tenir

Le lavage gastrique ou les vomissements provoqués sont inutiles. Des pansements gastriques sont parfois proposés. Un lavage oculaire est indispensable en cas de projection. Les patients peuvent usuellement être pris en charge à domicile. La persistance des signes cliniques dans l’heure suivant l’ingestion doit être prise en compte pour les dosettes hydrosolubles et impliquer un examen clinique en milieu hospitalier. La conduite à tenir, simple surveillance ou intubation, est à adapter aux paramètres cliniques et paracliniques.

Assouplissants textiles

Composition

Ils sont constitués d’une solution aqueuse de tensioactifs cationiques (5 à 25 %), de détergents non ioniques, d’alcool isopropylique et de divers additifs (parfum, colorants, etc.). Le pH varie de 3 à 6.

Toxicité

Ce sont des produits irritants quand ils sont ingérés en faible quantité.

Expression clinique

Elle est constituée par des douleurs digestives à type d’irritation.

Conduite à tenir

Le lavage gastrique ou les vomissements provoqués sont inutiles. Des pansements gastriques peuvent être prescrits. Un lavage oculaire est nécessaire en cas de projection. Les patients peuvent usuellement être pris en charge à domicile.

Agent de blanchiment

Composition

Ils contiennent des borates fortement concentrés.

Toxicité

Le risque est non seulement local (caustique), mais aussi systémique [12]. Détachants pour tissus (sauf antirouilles)

Composition

Elle est très variable, simples détergents en solution dans l’eau, hydrocarbures de type n-hexane, peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée) peu concentrée, etc.

Toxicité

Les détergents sont responsables de troubles digestifs mineurs. Les hydrocarbures sont source de pneumopathies, parfois graves, en cas de fausse route. Ils sont parfois détournés de leur utilisation et sniffés par les adolescents. Le risque en est alors le retentissement neurologique à long terme. L’eau oxygénée est irritante aux concentrations contenues dans ces produits.

Antirouilles pour tissus

Composition

Ils contiennent le plus souvent du bifluorure d’ammonium, à des concentrations voisines de 10 % et plus rarement de l’acide oxalique.

Toxicité

Ce bifluorure, bien que moins corrosif que l’acide fluorhydrique, a la même toxicité systémique que celui-ci. Comme la plupart des éléments électronégatifs (F-), ils se couplent à certains cations essentiels à l’homéostasie (calcium), produisant, entre autres, une hypocalcémie profonde responsable d’arrêt cardiaque. Des hyperkaliémies plus retardées sont aussi possibles. L’acide oxalique et ses sels sont en outre néphrotoxiques.

Expression clinique

Le contact cutané avec des textiles imprégnés, non rincés, induit une brûlure cutanée progressive, d’installation torpide, avec apparition après un espace libre de quelques heures, d’une douleur, s’intensifiant progressivement, d’un blanchiment de la peau se complétant parfois d’un œdème et de phlyctènes. L’évolution vers l’ulcération et la nécrose est possible. Les séquelles à type de troubles de la sensibilité et perte de substance ne sont pas rares. Des localisations plus à risque (doigts, etc.) et/ou plus étendues et une toxicité systémique pouvant aller jusqu’au décès sont le fait de manipulations de produits professionnels ou de bricolage (cf. décapant pour bois).

Lors d’ingestion, le tableau digestif est constant (nausées, vomissements, douleurs, etc.), souvent retardé. Il peut se compliquer, dans les heures suivantes, d’une hypocalcémie d’apparition souvent brutale, à l’origine de signes neuromusculaires inconstants (myalgies, myoclonies, convulsions, coma) et surtout de signes cardiovasculaires (collapsus, troubles de la conduction, de la repolarisation, fibrillation, arrêt cardiocirculatoire) [14]. L’électrocardiogramme (ECG) met en évidence les signes d’hypocalcémie (allongement de QT, onde T pointue, ample et fine). Des perturbations biologiques (hypocalcémie majeure, d’apparition souvent brutale, acidose métabolique) sont à rechercher. Des intoxications sévères sont décrites pour des quantités faibles. L’intoxication accidentelle ne met donc pas à l’abri du risque de mise en jeu du pronostic vital, des décès surviennent parfois dans ces circonstances [15].

Conduite à tenir en cas d’indigestion

Une prise en charge spécifique immédiate du risque corrosif, et surtout du risque systémique majeur, est nécessaire en milieu spécialisé. Le transport médicalisé est indispensable. La thérapeutique vise à : prévenir l’absorption en transformant le toxique en sels insolubles, favoriser la tolérance du patient en maintenant de bonnes constantes hydroélectrolytiques et ioniques, augmenter l’élimination du toxique.

La neutralisation par apport digestif de calcium (hydroxyde, lactate, chlorure, gluconate, lait) ou à défaut de sels d’aluminium (Maalox®) doit être précoce.

L’évacuation digestive y fait suite, l’indication primant la contre-indication liée à la causticité, les produits à visée « grand public » ayant usuellement des concentrations inférieures à 10 %. Une intoxication par un produit industrielle ramené au domicile doit bénéficier d’une vérification préalable de la concentration de la solution. L’ingestion d’une solution concentrée à plus de 50 % d’acide fluorhydrique semble être une contre-indication à l’ingestion de toute substance aussi bien qu’à l’évacuation digestive.

La tolérance du patient est favorisée par le maintien des fonctions vitales, la surveillance cardioscopique, le maintien de la calcémie si nécessaire, par intraveineuse lente de gluconate ou de chlorure de calcium, ajustée à la calcémie et surtout aux modifications électrocardiographiques.

L’augmentation de l’élimination du toxique repose dans un premier temps sur l’alcalinisation qui augmente la clairance rénale des fluorures. L’hémodialyse est envisagée en cas d’intoxication massive ou d’insuffisance rénale (eau non fluorée et ajustée aux besoins du malade en calcium et en magnésium).

Conduite à tenir en cas de contamination cutanée[16]

Le traitement des lésions cutanées repose sur :

  • une décontamination prolongée, à grande eau, le plus précoce possible ;
  • l’application de gluconate de calcium en pommade ou en gel (compresses imprégnées) qui permet l’inactivation des ions fluorures par la formation de sels insolubles ;
  • l’injection intratissulaire de sels de calcium en périphérie des lésions est totalement abandonnée car délétère ;
  • la perfusion intra-artérielle régionale, lente, de solutions diluées de gluconate de calcium, en cas de lésions des extrémités, est en perte de vitesse, les complications de type nécrose artérielle, générées par l’hypertonicité du gluconate ou du chlorure de calcium n’étant pas rares. Certains auteurs conseillent encore la perfusion régionale intraveineuse, moins invasive et moins à risque de complications. Ces techniques à réserver aux brûlures étendues et sévères de la main ne sont usuellement pas nécessaires avec les antirouilles pour tissus, ceux-ci ayant des concentrations en fluorures inférieures à 10 % ;
  • une nécrose locale bénéficie d’une excision.

Imperméabilisants

Composition

Ils sont classiquement à base d’acide sulfamique, supplanté par de l’acide citrique depuis quelques années.

Toxicité

Une solution diluée de ces acides faibles est atoxique. Le produit concentré est irritant.

 

Décapants pour four

Composition

Ce sont généralement des produits à base de soude ou de potasse, parfois additionnés de dérivés de l’éthanolamine.

Toxicité

Ces produits sont corrosifs [18], ils n’ont pas de toxicité systémique propre.

Détartrants pour fer à repasser

Composition

Ils sont souvent à base d’acide sulfamique, mais parfois à base d’acide phosphorique à plus de 20 %.

Toxicité

Les produits à base d’acide phosphorique sont corrosifs [19]. L’alcali ou ammoniaque est une base forte qui implique une prise en charge d’urgence de type caustique.

Produits W.-C

Il existe cinq types de produits différents : les désodorisants/nettoyants cuvettes et nettoyants/colorants pour chasse d’eau (en blocs solide ou liquide), les désodorisants d’atmosphère (spray, solides, liquides, mèches), les nettoyants/désinfectants pour cuvettes (liquides), les détartrants pour cuvettes (paillettes, liquide ou gel), les déboucheurs W.-C., éviers, lavabos et autre canalisation. Ce sont des caustiques majeurs qui mettent bien souvent en jeu le pronostic vital des patients.

Bloc désodorisants/nettoyants cuvettes

Composition

Les blocs uniquement désodorisants qui se posent sur la chasse d’eau ou se suspendent dans les cuvettes ne contiennent plus de para-dichloro-benzène. Ils sont remplacés à l’heure actuelle par des blocs nettoyants qui contiennent, en plus des colorants et des parfums, des détergents moussants et des charges type sulfate de sodium.

Toxicité

Ces blocs nettoyants sont irritants digestifs.

 

Conduite à tenir

Aucune prise en charge spécifique n’est nécessaire, hormis un rinçage de la bouche.

 

Nettoyants/désinfectants W.-C.

Composition

À base de détergents anioniques ou non ioniques, ils peuvent par ailleurs contenir des désinfectants (eau de Javel, TAC et ammoniaque très faiblement concentrée, etc.).

Toxicité

Elle est faible. Ils sont usuellement irritants.

Conduite à tenir

Une simple décontamination de la bouche suffit.

Détartrants W.-C.

Composition

Sous forme de paillettes, liquide ou gel, qui agissent en une à plusieurs heures, ils sont usuellement constitués d’acides plus ou moins forts à des concentrations variables. Leurs mélanges avec la Javel produisent du chlore (volatil).+

Toxicité

Ils sont plus ou moins caustiques selon la nature et la dilution des agents qui les constituent. Les vapeurs de chlore libérées lors d’un mélange avec de la Javel sont corrosives pour le poumon (durée d’exposition, confinement, etc.).

Conduite à tenir

Une simple décontamination de la bouche suffit lorsque ces produits contiennent des acides faibles peu concentrés. Une surveillance en milieu chirurgicale est nécessaire pour les produits plus concentrés. Une évaluation immédiate des lésions est indiquée en cas d’ingestion de grande quantité.

Débouches W.-C et canalisations

Composition

Ils sont usuellement constitués de bases fortes (soude caustique) ou d’acides forts (acide sulfurique) très fortement concentrés. Le mélange avec la Javel produit du chlore (volatil).

Toxicité

Le risque corrosif est majeur, même à faible dose. Le risque initiale est celui d’une perforation œsophagienne et/ou gastrique. Des séquelles à type de rétraction et de fibrose à court, moyen et long termes sont invalidantes. Des cancérisations tardives peuvent survenir.

Conduite à tenir

 

Une prise en charge immédiate en milieu spécialisé avec intervention chirurgicale en urgence avant perforations (pronostic immédiat) est impérative.

 

Désodorisants d’atmosphère

Composition hétérogène

Il s’agit de parfums faiblement concentrés en solution dans l’eau ou en aérosols.

Toxicité

Elle est faible, voire nulle.

 

Conduite à tenir

Une simple décontamination de la bouche suffit, les quantités étant par ailleurs faibles du fait du goût très désagréable de ce type de produit.

Intoxication par les plantes

Les intoxications accidentelles à domicile par les plantes sont le fait d’ingestions, par les enfants, de plantes ornementales disposées dans l’appartement ou plantées dans le jardin. Ces expositions sont fréquentes et les plantes rencontrées très hétérogènes, rendant difficile de passer en revue la toxicité de chacune d’entre elles.

Les feuilles des plantes vertes décorant les appartements sont parfois croquées par les enfants en bas âge. Certaines de ces feuilles (aracées comme le dieffenbachia, euphorbiacées, ficus, yucca, etc.) contiennent des latex particulièrement irritants, capables, s’ils ne sont pas retirés de la bouche de l’enfant, d’induire des lésions locales.

Les parties les plus attractives des plantes ornementales des jardins sont les baies. Certaines sont atoxiques, d’autres ont une toxicité digestive isolée, d’autres encore une toxicité extradigestive. Leur goût est souvent peu attractif. Les quantités ingérées sont usuellement faibles, un seul fruit la plupart du temps, et les variétés utilisées en cultures ornementales moins toxiques que certaines espèces sauvages. La survenue de signes d’intoxication reste donc rare dans cette situation. La suspicion d’ingestion de quantités plus importantes, chez des enfants ayant des goûts paradoxaux, des antécédents neuropsychiques, ou dans des situations de jeux particuliers, dînette par exemple, nécessite, si l’espèce est à risque, une surveillance hospitalière. Certaines espèces comme l’if ont mauvaise réputation. Dans le fruit, l’arille, partie rouge et charnue n’est pas toxique. Seule la graine est toxique. Il faut la croquer (goût amer) pour qu’apparaissent des signes d’intoxication. En cas d’ingestion de baies mâchées, la surveillance est de mise, l’apparition de troubles digestifs imposant le renforcement de cette surveillance.

Quelques plantes donnent des graines attractives et faciles d’accès. Certaines variétés entraînent, même à faible quantité, une gastroentérite intense. C’est le cas des graines de glycine et des graines de ricin. Des troubles systémiques peuvent compléter l’intoxication dans le cas du ricin [20].

Intoxication par les produits d’hygiènes et de cosmétiques

Les cosmétiques présents dans l’environnement de l’enfant sont d’accès facile expliquant le grand nombre d’expositions. Ils sont usuellement peu dangereux, expliquant le faible nombre d’intoxications symptomatiques. Plusieurs classes de produits peuvent être isolées.

Shampooings pour cheveux, gels douche, bains moussants, savons et autres savonnettes

Ils sont à base de détergents moussant. Ils n’ont pas de toxicité systémique directe. Ils sont responsables d’irritation digestive. La conduite à tenir en cas d’ingestion est principalement de faire respecter les contre-indications, contre-indication à l’évacuation digestive d’une part, à l’ingestion de grandes quantités de liquide d’autre part.

Parfums, eau de toilette et eau de Cologne

Ces produits, lorsqu’ils sont destinés à l’adulte, sont fortement concentrés en alcool éthylique. Ils peuvent être responsables d’intoxication éthylique. Les substances parfumantes qu’ils contiennent sont en faible proportion et n’entraînent pas d’intoxication spécifique. Dans le cadre classique de l’ingestion accidentelle de l’enfant, le goût fort et désagréable limite les quantités ingérées et ces intoxications restent le plus souvent asymptomatiques.

Dissolvants de vernis à ongles

Ils sont à base de solvants tels que l’acétone, les cétones, les acétates d’éthyle ou de méthyle, exceptionnellement à base de gamma-butyrolactone. L’acétone et les autres cétones ont une toxicité neurologique qui ne s’observe que lors des ingestions de grosses quantités. La gamma-butyrolactone a une toxicité elle aussi neurologique, quelques cas de coma ont été observés même à quantités modérées [21]. L’acétate de méthyle, hydrolysé en acide acétique et en méthanol, aurait une toxicité métabolique et neurologique si les quantités étaient massives. Le goût désagréable limite usuellement les quantités. La conduite à tenir en cas d’ingestion est non spécifique sauf pour l’acétate de méthyle. Ces produits peuvent être détournés de leur utilisation et sniffés par les adolescents.

Intoxications par le matériel de bureau 

La dénomination « matériel de bureau » englobe aussi bien le mobilier de bureau, que certains produits utilisés dans ce contexte, tels la colle, l’encre, etc. Ces produits, destinés ou non à l’enfant, sont souvent à sa portée, expliquant la fréquence des expositions. Ces produits, pour la plupart peu dangereux, engendrent rarement une intoxication.

Colles

Elles sont composées de polymères dissous dans de l’eau ou divers solvants.

Leur toxicité systémique serait, en cas d’ingestion, le fait des solvants. Cependant, les concentrations et les quantités ingérées sont trop faibles pour induire autre chose qu’une intolérance digestive, liée au goût désagréable pour certaines d’entre elles ou à leur côté légèrement irritant, colles cyanoacrylates par exemple. La projection oculaire de colles cyanoacrylates entraîne, dans de rares cas, une occlusion de l’œil. Une kératite ponctuée sous-jacente est possible, provoquée ou majorée en cas de geste visant à décoller les paupières de force. L’inhalation prolongée (« sniffing ») de certaines colles, chez les adolescents, responsable de toxicité à court mais surtout à long termes, ne doit pas être méconnue.

La conduite à tenir est un simple rinçage de la bouche en cas d’ingestion. Un examen ophtalmologique est nécessaire en cas d’occlusion palpébrale à la suite d’une projection de colle cyanoacrylate.

Encres et stylos feutres

Les encres sont composées de colorants en solution dans l’eau. Les marqueurs pour tableaux blancs contiennent des solvants (toluène, xylène, acétones, alcools, acétates, etc.).

Les encres actuellement sur le marché sont non toxiques, les stylos feutres à l’eau atoxiques, et ceux qui contiennent des solvants peu toxiques. L’inhalation prolongée est susceptible d’entraîner des nausées et des céphalées, mais les quantités trop faibles pour induire d’autres troubles neurologiques aigus.

La conduite à tenir en cas d’ingestion est une simple décontamination de la bouche.

Correcteurs blancs

Ces produits qui servent à recouvrir les fautes sur une copie sont composés d’une substance inerte, le dioxyde de titane, en suspension dans un solvant pétrolier ou alcoolique.

En cas d’ingestion, les quantités contenues dans un conditionnement sont trop faibles pour engendrer une intoxication aiguë. Une simple décontamination de la bouche est proposée.

L’inhalation prolongée peut être responsable de nausées et de céphalées, mais les quantités sont trop faibles pour induire d’autres troubles neurologiques aigus.

Intoxications par les pesticides à usage domestique

Les usages donc les principes actifs sont hétérogènes. Ce sont les mêmes que ceux utilisés en agriculture, mais le risque est généralement minime car les concentrations beaucoup plus faibles. Les solvants et les gaz propulseurs peuvent être responsables d’une irritation respiratoire.

Insecticides ménagers

Les produits, destinés à lutter contre les insectes volants (moustiques, mouches, guêpes, etc.) ou rampants (blattes, puces, etc.) sont commercialisés sous forme d’aérosols et contiennent des organophosphorés (malathion, dichlorvos, etc.), des carbamates (propoxur, etc.), mais surtout des pyréthrinoïdes de synthèse. Les concentrations en principe actif sont très faibles, les produits peu accessibles (aérosols) et, de ce fait, l’intoxication aiguë reste hypothétique.

Les antimites ne sont plus à base de para-dichloro-benzène. Ils contiennent eux aussi de faibles quantités d’organophosphorés, de carbamates et surtout des pyréthrinoïdes de synthèse et parfois des huiles essentielles de type terpénique. Quelques rares produits à base de camphre peuvent entraîner des convulsions en cas d’ingestion par un enfant. La connaissance de la composition exacte de la préparation en cause est nécessaire à l’évaluation du risque.

Engrais

Les engrais pour plantes d’appartement contiennent des dérivés à base de nitrate, phosphates, potasse (NPK) et des oligoéléments. Ils ne sont pas toxiques aux concentrations utilisées pour l’emploi. À l’inverse, d’exceptionnelles intoxications graves, pouvant aller jusqu’au décès de survenue précoce, sont décrites lors de tentatives de suicide avec des liquides concentrés. Le mécanisme évoqué est celui d’une hyperkaliémie d’apport.

Raticides

Les engrais pour plantes d’appartement contiennent des dérivés à base de nitrate, phosphates, potasse (NPK) et des oligoéléments. Ils ne sont pas toxiques aux concentrations utilisées pour l’emploi. À l’inverse, d’exceptionnelles intoxications graves, pouvant aller jusqu’au décès de survenue précoce, sont décrites lors de tentatives de suicide avec des liquides concentrés. Le mécanisme évoqué est celui d’une hyperkaliémie d’apport.

Antifourmis

De composition très variée, ils sont de moins en moins souvent à base d’arsenic sous forme de cacodylate ou diméthylarséniate de sodium. Ils peuvent contenir des organophosphorés ou des carbamates, faiblement concentrés, mais surtout, pour les produits récents du fipronil. Ces produits sont globalement peu toxiques du fait des faibles concentrations.

Antilimaces

Ils contiennent généralement 5 % de métaldéhyde sous forme de granulés. Un amérisant y est constamment ajouté. Le risque théorique de coma convulsif se traduit exceptionnellement dans la réalité, sauf chez les animaux domestiques (chat, chien) qui peuvent en ingérer de grandes quantités, et dans le cadre des tentatives de suicide avec de fortes doses.

Intoxications par les produits non classables 

Piles boutons

Elles permettent de faire fonctionner certains jouets, elles sont de taille, de forme et de composition variables. Elles contiennent des métaux (lithium, mercure, cadmium, argent, manganèse, etc.) ou leurs sels et des électrolytes corrosifs (potasse ou soude, etc.).

Les ingestions sont fréquentes et généralement totalement asymptomatiques, la pile étant éliminée dans les selles en quelques jours. L’ingestion peut cependant se compliquer de rares lésions caustiques pouvant aller jusqu’à la perforation, principalement si le joint est détérioré avant l’ingestion, si la pile stagne dans le grêle ou le côlon, si la pile se coince au niveau de l’œsophage. Cette dernière localisation est le plus à risque de complications. L’intoxication systémique par les métaux lourds n’est pas à craindre. La localisation nasale est un piège diagnostique. Elle peut en effet rester méconnue et le diagnostic ne se fait que tardivement, au stade de perforation de la cloison nasale. De même des incarcérations auriculaires, passées inaperçues, ont été responsables de lésions du conduit auditif externe, du tympan et, plus rarement, des structures plus profondes de l’oreille.

La conduite à tenir n’est pas univoque. En l’absence de symptôme, une surveillance digestive familiale est de mise. De façon immédiate, en présence de signes de fausses routes, ou de façon plus retardée, motivée par la survenue de signes digestifs (troubles du transit, douleurs abdominales, coloration anormale des selles), une hospitalisation s’impose. Le contrôle radiologique permet de localiser la pile. L’extraction en urgence, par voie endoscopique, s’impose en cas de localisation œsophagienne. Elle est associée à la prise en charge d’éventuelles lésions caustiques œsophagiennes. Des laxatifs doux, associés à une surveillance radiologique itérative, peuvent éviter un geste chirurgical en cas de localisation basse de la pile.

Cigarettes, recharges de cigarettes électroniques (avec nicotine).

Les cigarettes contiennent de la nicotine. L’ingestion d’une petite quantité (une cigarette chez un enfant) induit la survenue de signes transitoires et spontanément résolutifs (hypersialorrhée, vomissements, diarrhée, tachycardie, poussée hypertensive, tachypnée, tremblements, petit état de malaise). L’ingestion de grandes quantités, qui pourraient entraîner perte de connaissance, convulsions, insuffisance respiratoire et collapsus, ne sont pas la règle, le goût rebutant limitant l’ingestion.

Aucune prise en charge n’est usuellement nécessaire. Une hospitalisation est indiquée dans un contexte hors norme (grandes quantités chez un patient aux antécédents neuropsychiatriques).

Les « e-liquides » des recharges pour cigarettes électroniques contiennent actuellement entre 0 et 75 mg de nicotine par millilitre de « e-liquide ». Le volume des conditionnements est très variable (entre 10 ml et un litre sur Internet). La forme liquide et les quantités disponibles rendent ces formulations à même d’induire des intoxications gravissimes, malgré le goût extrêmement désagréable qui devrait permettre de limiter les quantités ingérées.

Allumettes françaises

Elles contiennent des chlorates en faible quantité. Un cas d’intoxication massive (une quarantaine de têtes) est rapporté chez l’enfant, dans une seule publication [22]. Elle fait état d’une insuffisance rénale d’apparition retardée de quelques jours.

La conduite à tenir dépend comme toujours de la quantité, simple décontamination de la bouche pour quelques allumettes sucées, hospitalisation et surveillance de la fonction rénale lorsque de grandes quantités sont alléguées.

Thermomètres à mercure

Cette intoxication est en voie de disparition depuis la suppression des thermomètres à mercure.

Le mercure métallique n’a pas de toxicité aiguë par voie digestive. L’inhalation prolongée, plusieurs semaines, suite à un bris de matériel et une mauvaise décontamination ou surcontamination d’un aspirateur, voit chez l’enfant l’installation insidieuse de signes neurocomportementaux (apathie, irritabilité, insomnie, asthénie, etc.), associés à des troubles cutanés (œdèmes rouges et froids des extrémités, desquamation, hypersudation parfois majeure, etc.) et des troubles cardiocirculatoires (hypertension artérielle, tachycardie sinusale).

Si l’ingestion ne nécessite aucune prise en charge, l’inhalation prolongée implique l’hospitalisation pour dosages toxicologiques, traitement symptomatique et mise en œuvre d’une thérapeutique spécifique par chélateur, acide dimercaptosuccinique (DMSA) notamment.

Ces intoxications peuvent être évitées par la mise en œuvre de mesures préventives simples, au moment du bris. Un aspirateur ne doit jamais être utilisé pour aspirer directement les gouttelettes de mercure car elles formeront des amalgames avec les parties métalliques de l’aspirateur et des vapeurs de mercure seront alors diffusées au cours des utilisations ultérieures. Les gouttelettes de mercure déposées sur le sol doivent être récupérées de façon manuelle avec une feuille de papier et placées dans un récipient de verre ou de matière plastique, sous eau, puis hermétiquement fermé. Lorsque les surfaces contaminées sont peu accessibles à cette décontamination manuelle (tapis, moquette, etc.), on peut traiter le sol contaminé avec de la fleur de soufre ou de la poudre de zinc, qu’on laisse agir 24 heures. La poudre formée par ce traitement est récupérée par balayage et placée elle aussi dans un conteneur hermétique. Ce qui ne peut être balayé après traitement par la fleur de soufre ou la poudre de zinc peut alors être aspiré et, dès la fin de l’opération, le sac de l’aspirateur est éliminé.

Conclusion

Les intoxications accidentelles survenant à domicile sont fréquentes. Les produits en cause sont hétérogènes et leur dangerosité très variable. Des mesures préventives efficaces peuvent limiter le nombre et la gravité des cas. Ces mesures peuvent être mises en œuvre par les pouvoirs publics. Elles concernent alors l’étiquetage, parfois l’interdiction d’utilisation de certaines substances, plus rarement l’adjonction obligatoire d’amérisant (liquide de refroidissement), les campagnes de sensibilisation au risque. Les mesures préventives concernent bien sûr les fabricants : utilisation de substances moins dangereuses, clarté des étiquetages, bouchons de sécurité, amérisation des produits ayant un goût agréable, etc. Elles concernent aussi les particuliers : lecture des notices avant utilisation, respect des consignes d’utilisation, prohibition du déconditionnement, rangement des produits les plus dangereux hors de la portée des enfants.

Si malgré tout une intoxication survient, les centres antipoison qui détiennent les compositions de milliers de préparations commerciales peuvent être contactés, aussi bien par la famille que par le médecin. En l’absence de détention de cette composition, le fabricant est tenu de la fournir en urgence au centre antipoison qui la réclame. Dans ce cas, l’emballage du produit en cause peut être une source d’information précieuse. Il permet d’identifier formellement le produit (gamme de produits aux noms souvent proches), le fabricant et d’avoir recours à ce dernier pour obtenir la composition. En attendant, l’étiquetage peut donner des indications parfois intéressantes (notamment la notion de « corrosif »). Des éléments de composition, voire des principes actifs précis, dans le cas des produits phytosanitaires par exemple, figurent sur l’emballage. Une fiche de données de sécurité, si elle existe, permet d’identifier le fabricant ou le distributeur, fournit des informations sur les composants dangereux et indique le pH de la solution. Ces différents éléments, ainsi que l’analyse des circonstances de l’intoxication permettent de faire une évaluation du risque personnalisée et de proposer une conduite à tenir adaptée au cas concernant le lieu de prise en charge, les traitements symptomatiques et/ou spécifiques à mettre en œuvre ainsi que les dosages toxicologiques à réaliser.

Déclaration d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts en relation avec cet article.

Références

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Un commentaire

  • Colom le Mai 09, 2017 Réponse

    Bonjour qu’en est-il pour un détartrant de cafetière si la dose est trop élevée pour le nettoyer il y a t-il un risque d intoxication ?

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