Dix règles d’or en traumatologie

1 – Un(e) patient(e) n’a jamais rien !

Une radiographie normale n’est pas synonyme d’absence de lésion. Une contusion fait mal ; un traumatisme ligamentaire ou tendineux provoque une impotence fonctionnelle. Il faut identifier ou évoquer la lésion et proposer une conduite à tenir.

2 – Poser les bonnes questions

Pas de bonne évaluation traumatologique sans anamnèse (mécanisme direct ou indirect) ni estimation de l’énergie cinétique.

3 – Un site lésionnel peut en cacher un autre

À partir du point d’impact, l’énergie cinétique traverse le membre et peut créer des lésions à distance. Il faut toujours chercher des lésions associées.

4 – Éliminer le grand classique

Pour chaque région anatomique, il existe une lésion prépondérante (entorse latérale pour la cheville). Il est naturel de la rechercher en premier, mais elle ne doit pas être un diagnostic systématique ou de facilité en l’absence d’inspiration (l’entorse ne représente que 40 % des lésions de la cheville).

5 – Appliquer les règles prédictives

Lorsqu’elles existent, elles doivent être utilisées sans réserve. Leur sensibilité, généralement proche de 100 %, garantit l’absence de  lésion significative et permet de sursoir à l’imagerie (Ottawa, Nexus, Pittsburg, NOR, etc.).

6 – Des radiographies de qualité

Pas d’interprétation correcte sans clichés corrects ; les critères de réussite doivent être connus (centrage, position du membre, incidence du rayon).

7 – Éviter les pièges

Ne pas confondre arrachement osseux et os surnuméraires ; un arrachement osseux, même de petite taille, est une lésion ligamentaire ou tendineuse grave. Cacher la fracture visible et regarder autour à la recherche d’une autre.

8 – Communiquer

Il est préférable de décrire une fracture avec un vocabulaire anatomique que de la désigner par un nom propre (risque d’erreur ou d’approximation); proximale/distale, latérale/médiale, type de trait, déplacement (position du fragment distal par rapport au fragment proximal).

9 – Mettre au repos

La mise en décharge (membre inférieur) ou l’immobilisation (membre supérieur ou inférieur) sont les mesures antalgiques les plus efficaces.

10 – Organiser un circuit de consultation post-urgences

En l’absence de diagnostic évident ou de risque de complication, il est impératif de pouvoir revoir un(e) patient(e) dans un délai court, en consultation post-urgence.

Vous venez de lire la fiche 90 Dix règles d’or en traumatologie de l’ouvrage Méga-Guide pratique des urgences

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Auteur(s): Dominique Pateron, Maurice Raphaël, Albert Trinh-Duc

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