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Sportives amateurs et nutrition

Sportives amateurs et nutrition

Apport nutritionnel et consommation des compléments alimentaires chez une population de sportives amateurs

O. Berriche ∗, H. Souhaila , I. Lahmar , F. Mahjoub , A. Gamoudi , C. Amrouche , H. Jamoussi Service « A » de diabétologie, nutrition et maladies métaboliques, institut national de nutrition, Tunis, Tunisie
∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : olfaberriche1@gmail.com (O. Berriche)

Introduction et but de l’étude

Dans les salles de sport, le nombre de compléments alimentaires est important et les demandes de plus en plus nombreuses de la part des hommes que des femmes. Sachant que le nombre de femmes, qui s’adonnent pour leur plus grand plaisir au sport et celles qui ont une activité sportive régulière, s’est nettement accru ces dernières années. Cette étude transversale a concerné 60 sportives amateurs recrutées dans différentes salles de sports privés, d’âge allant de 20 ans. Cette population est divisée en deux groupes ; groupe 1 : 30 sportives consommatrices des compléments alimentaires et groupe 2 : 30 sportives non consommatrices des compléments alimentaires.

Les objectifs de notre étude étaient d’évaluer l’alimentation spontanée chez les sportives amateurs consommatrices et non consommatrices des compléments alimentaires et justifier la consommation des compléments alimentaires selon l’alimentation des sportives.

Matériel et méthodes

Toutes les sportives ont bénéficié d’un interrogatoire minutieux précisant les caractéristiques générales, des mesures anthropométriques, d’une enquête alimentaire ainsi d’un questionnaire comportant le type de sport pratiqué et la consommation ou non de compléments alimentaires.

Résultats

La majorité des sportives consommatrices et non consommatrices des compléments alimentaires sont d’âge compris entre 20 et 30 ans, l’IMC moyen est comparable dans les deux groupes ; il est de 23 kg/m2. L’endurance/cardio est l’activité la plus pratiquée dans le groupe 1 (48,5 %), alors que dans le groupe 2 il s’agit du strenght training (44,5 %). L’apport calorique moyen est comparable dans les deux groupes avec un déséquilibre des macronutriments en faveur des lipides. L’apport en zinc du groupe 1 (5,8±2,4 mg/j) est insuffisant. En revanche, dans le groupe 2 cet apport est adapté aux besoins recommandés et cette différence est statistiquement significative (p = 0,04). L’apport en folate est insuffisant aussi bien dans le groupe 1 (150,13±64,46g/j) que dans le groupe 2 (159,83±60,43g/j). Quant à l’apport en vitamine B1 dans le groupe 1 (0,73±0,37), il est inférieur à celui du groupe 2 (0,96±0,42) avec une différence statistiquement significative (p = 0,03). Les vitamines et les minéraux sont les compléments alimentaires les plus consommés, ils représentent respectivement 32,5%et 26,7 %. La majorité des consommatrices de produits énergétiques (89,9 %) ont un IMC normal ou élevé et seulement 11,1% des sportives qui utilisent ces produits ont une insuffisance pondérale. L’apport protidique moyen des consommatrices d’acides aminés est de 1,08 g/kg du poids idéal, il répond au besoin recommandé (1 g/kg). En revanche, la majorité des consommatrices (80 %) des compléments à base d’acides aminés ont un apport protidique suffisant ou excessif.

Conclusion

La consommation des compléments alimentaires à base de produits énergétiques et d’acides aminés n’est pas justifiée chez ces sportives.

Néanmoins, les compléments à base de minéraux et vitamines répondent aux carences retrouvées par l’enquête alimentaire. Il est nécessaire, pour atteindre une meilleure performance en bonne santé, d’assurer un apport nutritionnel et complémentation sous contrôle et suivie par une équipe spécialisée.

Déclaration de liens d’intérêts
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
© 2016 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

Extraits des Posters des JFN de Marseille 2015 : le choix de la rédaction de la revue Nutrition Clinique et Métabolisme

 

 

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