PACES UE 5 Organisation des appareils et des systèmes : Système articulaire

I. Articulations fibreuses
II. Articulations cartilagineuses
III. Articulations synoviales
IV. Sysarcoses, ou articulations fasciales
V. Vascularisation et innervation
VI. Développement des articulations
VII. Exploration

Le système articulaire est constitué des articulations, dont la fonction est indispensable au mouvement. Une articulation, ou jointure, est le moyen d’union des pièces osseuses ou cartilagineuses voisines. Toutes les articulations ne sont pas mobiles. L’étude du système articulaire est l’arthrologie.

Il existe trois principaux types d’articulations, que l’on distingue selon leur structure :
• les articulations fibreuses (fig. 5.1) ;
• les articulations cartilagineuses (fig. 5.1) ;
• les articulations synoviales (fig. 5.2).

fig51little

Fig. 5.1. Articulations solides. Articulations fibreuses et cartilagineuses. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

 

fig52little

Fig. 5.2. Articulation synoviale. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Les articulations fibreuses et les articulations cartilagineuses, contrairement aux articulations synoviales, n’ont pas de cavité articulaire. Ce sont des articulations solides.

I. Articulations fibreuses

Les surfaces osseuses sont unies par du tissu conjonctif. Il n’y a pas de cartilage articulaire. L’interligne articulaire est occupé par du tissu fibreux. Ces articulations sont immobiles.
On distingue :
• les sutures : articulations où le tissu fibreux qui unissait initialement l’os s’ossifie progressivement et forme une suture qui est plane, écailleuse ou dentelée (fig. 5.1). Les articulations entre les os du crâne et entre les os du crâne et certains os de la face sont des sutures ;
• les syndesmoses : articulations où les surfaces osseuses sont éloignées l’une de l’autre et sont unies par du tissu conjonctif. La membrane interosseuse tendue entre les deux os de l’avant-bras et les ligaments jaunes tendus entre les lames des vertèbres sont des syndesmoses;
• la schyndilèse : crête osseuse s’articulant avec une rainure, comme par exemple le vomer et l’os sphénoïdal.

La gomphose est une articulation fibreuse particulière unissant une dent à un alvéole dentaire par du tissu fibreux, le périodonte d’insertion (voir fig. 4.1 au chapitre 4).

II. Articulations cartilagineuses

Les articulations cartilagineuses regroupent les synchondroses et les amphiarthroses.

1. Synchondroses

Ce sont des articulations temporaires, comme l’articulation sphénooccipitale au niveau de la base du crâne. Elles disparaissent lorsque le cartilage hyalin qui les constitue s’ossifie pour former une synostose. Au niveau des os longs, la synchondrose entre la tête et la diaphyse constitue le cartilage de conjugaison qui dirige la croissance en longueur des os longs.

2. Symphyses, ou amphiarthroses

Les surfaces osseuses sont unies par du fibrocartilage renforcé par des ligaments périphériques. Il n’y a pas de cavité articulaire ou celle-ci est réduite à une simple ébauche. La mobilité de ces articulations est réduite. Les articulations entre les corps vertébraux et la symphyse pubienne sont des symphyses.

III. Articulations synoviales

Les articulations synoviales, ou diarthroses, sont les articulations les plus élaborées de l’organisme. Elles constituent la majorité des articulations des membres et permettent une amplitude de mouvement généralement importante. Les articulations synoviales sont caractérisées par l’existence d’une cavité articulaire et d’une membrane synoviale (fig. 5.2).

A. Constitution

Les articulations synoviales sont formées par des surfaces articulaires, osseuses ou fibrocartilagineuses, et par des moyens d’union.

1. Surfaces articulaires

a. Osseuses

Les surfaces osseuses sont lisses et sont recouvertes de cartilage articulaire lisse blanc bleuté, le cartilage hyalin. L’épaisseur du cartilage hyalin est proportionnelle à la pression qu’il supporte. Ce cartilage n’est pas vascularisé. Sa nutrition est assurée par la synovie. La synovie, ou liquide synovial, est un liquide translucide, visqueux. Elle favorise le glissement des surfaces articulaires et assure leur nutrition.

La dégénérescence du cartilage hyalin est responsable de l’arthrose.

b. Fibrocartilagineuses

Les structures fibrocartilagineuses existent en cas d’incongruence articulaire et sont interposées entre les surfaces osseuses. Il existe trois types de fibrocartilages, les labrums, les ménisques et les disques, que l’on différencie en fonction de leurs insertions et de leur morphologie :
• le labrum (ou bourrelet articulaire) (fig. 5.3, A) est triangulaire sur une coupe transversale. Il s’insère par une face sur la périphérie de la zone articulaire osseuse et par une deuxième face sur la capsule articulaire. La troisième face est libre et recouverte de cartilage articulaire continuant le cartilage recouvrant la surface articulaire osseuse. Les bourrelets articulaires augmentent la profondeur et la surface de la zone articulaire, comme par exemple au niveau de la cavité glénoïdale de la scapula ou de l’acétabulum de l’os coxal ;
• le ménisque (fig. 5.3, B) est interposé entre deux surfaces osseuses. Il est également triangulaire sur une coupe transversale. Sa périphérie est adhérente à la capsule articulaire. Les deux autres faces sont libres à l’intérieur de la cavité articulaire. Le genou est une articulation comprenant deux ménisques, latéral et médial ;
• le disque (fig. 5.3, C) est une lentille biconcave qui forme une cloison complète dans la cavité articulaire en adhérant par sa périphérie à la capsule articulaire. Le disque délimite ainsi deux cavités secondaires comme au niveau de l’articulation temporomandibulaire.
Ces trois types de fibrocartilages sont dépourvus de vaisseaux et de nerfs.

L’absence de vascularisation ne permet pas la cicatrisation d’une déchirure fibrocartilagineuse. Ainsi, un fragment méniscal rompu et symptomatique doit être enlevé.

fig53little

Fig. 5.3. Cliquez sur l’image pour agrandir.

2. Moyens d’union

Les moyens d’union des surfaces articulaires sont la capsule articulaire et les ligaments articulaires.

a. Capsule articulaire

La capsule est un manchon fibreux qui s’insère au pourtour ou au voisinage des surfaces articulaires osseuses. Elle comprend deux parties :
• une partie externe fibreuse, la membrane fibreuse, d’épaisseur et de résistance variables ;
• une partie interne, la membrane synoviale, qui tapisse la face interne de la capsule et les surfaces osseuses intra-articulaires non recouvertes
de cartilage.

La membrane synoviale est richement vascularisée et innervée. Elle sécrète la synovie. Avec le cartilage articulaire, la membrane synoviale limite la cavité articulaire. Elle peut faire des culs-de-sac lorsque la capsule est lâche, comme au niveau de l’articulation glénohumérale. Sa face interne peut présenter des franges synoviales en regard des interlignes articulaires, comme au niveau de l’articulation du coude.

b. Ligaments

Les ligaments sont des moyens d’union résistants ; ce sont des lames fibreuses qui unissent les pièces constitutives de l’articulation :
• les ligaments capsulaires sont des épaississements de la membrane fibreuse ;
• les ligaments extracapsulaires sont à distance de l’articulation et sont indépendants de la capsule ;
• les ligaments intracapsulaires sont à l’intérieur de la capsule mais en dehors de la cavité articulaire, comme les ligaments croisés du genou.
Ces ligaments sont les ligaments passifs d’une articulation. Sur le plan fonctionnel, ils sont opposés aux tendons des muscles périarticulaires qui sont des ligaments actifs.

B. Classification des articulations synoviales

1. Classification morphologique

Cette classification est fondée sur la morphologie des surfaces articulaires :
• l’articulation sphéroïde (ou énarthrose) unit deux surfaces sphériques inversées, pleine et creuse (fig. 5.4, A). Les articulations scapulohumérale  et coxofémorale sont des articulations sphéroïdes. Elles ont une grande mobilité, permettant des mouvements dans les trois plans de l’espace ;
• l’articulation ellipsoïde (ou condylaire) unit deux surfaces ellipsoïdales, concave et convexe (fig. 5.4, B). L’articulation radiocarpienne est une articulation condylaire ;
• l’articulation sellaire (ou en selle, ou par emboîtement réciproque) unit deux surfaces osseuses convexes dans un sens et concaves dans l’autre, de conformation inverse (fig. 5.4, C). L’articulation carpométacarpienne du pouce est une articulation en selle ;
• le ginglyme (ou articulation trochléenne) unit deux surfaces en forme de poulie, l’une pleine, l’autre creuse (fig. 5.4, D). L’articulation huméroulnaire du coude est une articulation trochléenne;
• l’articulation trochoïde unit deux surfaces cylindriques, pleine et creuse (fig. 5.4, E). L’articulation radio-ulnaire proximale est une articulation trochoïde ;
• les articulations planes (ou arthrodies) unissent deux surfaces planes (fig. 5.4, F). Les articulations zygapophysaires des apophyses articulaires des vertèbres thoraciques, l’articulation acromioclaviculaire sont des articulations planes. Contrairement aux articulations précédentes, la mobilité de ce type d’articulation est réduite.

fig54little

Fig. 5.4. Cliquez sur l’image pour l’agrandir

2. Classification fonctionnelle

Cette classification est fondée sur le nombre d’axes mécaniques autour desquels s’effectuent les mouvements des leviers osseux. Elle concerne essentiellement les articulations synoviales. Le mouvement des leviers osseux s’effectue autour d’un, de deux ou de trois axes en fonction de la morphologie des surfaces articulaires mises en jeu. Les articulations ont ainsi un, deux ou trois degrés de liberté.


Les mouvements autour d’un axe sagittal sont :
– l’abduction, qui écarte un segment du plan médian ;
– et l’adduction, qui rapproche le segment du plan médian.

Les mouvements autour de l’axe transversal sont :
– la flexion, qui ferme l’articulation ;
– et l’extension, qui ouvre l’articulation.

Les mouvements autour d’un axe vertical sont :
– la rotation latérale, qui porte la face antérieure du segment considéré en dehors ;
– et la rotation médiale, qui porte la face antérieure du segment considéré en dedans (fi g. 5.5).


fig55little

Fig. 5.5. Cliquez sur l’image pour agrandir

• Les articulations à un axe mécanique sont les articulations trochoïdes et les articulations trochléennes. Elles autorisent un seul type de déplacement.
• Les articulations ellipsoïdes et les articulations sellaires se font autour de deux axes mécaniques. Elles permettent deux types de mouvement.
• Les articulations sphéroïdes ont trois axes mécaniques et permettent des mouvements dans les trois plans de l’espace. La somme des mouvements autour des trois axes permet la circumduction (fig. 5.5) qui est l’association des mouvements simples dans les trois plans de l’espace. L’ensemble des mouvements possibles est représenté par un cône dont le sommet correspond au centre de l’articulation et la base correspond au cercle décrit par l’extrémité distale du membre.
• Les articulations planes n’ont que des mouvements de glissement limités sans axe directeur, comme au niveau du carpe, du tarse ou de l’articulation acromioclaviculaire.


Mécanique articulaire
– La position de repos d’une articulation est la position permettant la relaxation maximale de la capsule articulaire et des structures périarticulaires.
C’est également la position antalgique de l’articulation.
– La position de fonction est la position d’une articulation la plus adaptée à une fonction donnée. C’est dans cette position qu’une articulation devra être immobilisée en cas de nécessité.


3. Classification selon le type des surfaces articulaires

• Les articulations simples regroupent au sein d’une même cavité articulaire un seul type d’articulation.
• Les articulations complexes sont formées par des articulations de types différents au sein d’une même cavité articulaire, comme au niveau du coude et du genou.

IV. Sysarcoses, ou articulations fasciales

Les sysarcoses sont formées par l’interposition d’un muscle entre deux surfaces osseuses. Un exemple est l’interposition du muscle dentelé antérieur entre la scapula et le gril costal à la face postérieure du thorax. L’interposition de ce muscle permet les mouvements de glissement de la scapula sur le gril costal lors des mouvements amples de l’épaule. Les mouvements se font par glissement des fascias (enveloppes fibreuses) recouvrant ces muscles.

V. Vascularisation et innervation

Les articulations, notamment synoviales, sont richement vascularisées et innervées. Les vaisseaux proviennent des cercles artériels et veineux périarticulaires. Les vaisseaux lymphatiques se drainent dans les nœuds profonds de la région.
Les nerfs des articulations appartiennent au système nerveux cérébrospinal et au système nerveux végétatif. Les nerfs proviennent le plus souvent des branches collatérales des nerfs destinés aux muscles agissant sur l’articulation. De nombreux récepteurs sensitifs spécifiques, particulièrement au niveau de la capsule articulaire et des ligaments articulaires, jouent un rôle fondamental dans le maintien de la posture et dans la régulation des mouvements.

VI. Développement des articulations

Les ébauches cartilagineuses de deux pièces osseuses voisines sont séparées par du mésenchyme indifférencié. L’évolution de ce mésenchyme en tissu fibreux, en tissu cartilagineux ou en cavité articulaire permet le développement des trois principaux types d’articulations :
• le mésenchyme indifférencié des articulations fibreuses évolue en tissu fibreux qui s’organisera pour former une syndesmose après différenciation complète ou qui s’ossifiera secondairement pour former une suture ;
• le mésenchyme indifférencié des articulations cartilagineuses évolue en fibrocartilage ;
• le mésenchyme indifférencié des articulations synoviales se creuse d’une cavité articulaire sous l’effet d’une vacuolisation tissulaire et se différencie autour de la cavité articulaire en membrane capsulaire à deux couches, fibreuse superficielle et synoviale profonde.

VII. Exploration

a. Examen clinique

L’examen clinique des articulations synoviales explore de manière bilatérale et comparative l’amplitude et la direction des mouvements. Cet examen est passif et actif.

b. Imagerie

La radiographie standard, qui permet uniquement la visualisation des surfaces osseuses et de l’interligne articulaire, est l’examen le plus simple et le plus pratiqué. L’opacification des cavités articulaires par injection de produit de contraste dans l’articulation (arthrographie) permet l’évaluation indirecte des structures intra-articulaires. Elle peut être couplée à la réalisation d’un scanner (arthroscanner). L’échographie et surtout l’IRM permettent la visualisation du cartilage articulaire et des fibrocartilages de manière non invasive. L’arthroscopie est une endoscopie directe des cavités articulaires qui nécessite l’introduction dans la cavité articulaire d’un optique.


L’arthroscopie permet la visualisation des structures intra-articulaires et, éventuellement, la réalisation de gestes interventionnels comme l’ablation de fragments méniscaux déchirés.


POINTS CLÉS

  •  Il existe trois grands types d’articulations, que l’on distingue selon leur structure : les articulations fibreuses, les articulations cartilagineuses et les articulations synoviales.
  • Les articulations synoviales sont les plus élaborées et permettent les mouvements les plus amples.
  • Les articulations synoviales sont caractérisées par l’existence d’une cavité articulaire et d’une membrane synoviale.
  • Les surfaces articulaires des articulations synoviales sont recouvertes de cartilage hyalin.
  • Les articulations synoviales sphéroïdes ont trois degrés de liberté, permettant des mouvements dans les trois plans de l’espace.

Vous venez de lire le chapitre 5 Système articulaire de l’ouvrage UE 5 – Anatomie (Cours)

© 2011, Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

à voir aussi sur le blog : le Quiz PACES UE 5 Tête et cou

Laissez un message

Auteur(s): Vincent Delmas, Dominique Brémond-Gignac, Olivier Clément, Richard Douard, Sophie Dupont, Christian Latrémouille, Jean-Marie Le Minor, Nicolas Pirro, Philippe Sèbe, Christian Vacher, René Yiou

Partager:

Réagir à cet article