Examens de laboratoire : VIH : sérodiagnostic

VIH : sérodiagnostic

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est un rétrovirus — un virus à ARN qui, pour se multiplier, doit s’intégrer dans l’ADN de la cellule hôte —, ayant un tropisme pour les lymphocytes T4 (CD4). Transmis par voie sexuelle parfois sanguine, il provoque une infection détruisant les lymphocytes CD4 qui conduit au sida.
L’enveloppe virale comporte des glycoprotéines (gp120 et gp41 notamment). La capside supporte l’antigène p24 ; elle renferme l’ARN viral et des enzymes (protéase, reverse transcriptase…).

II y a deux types de virus, VIH 1 et VIH 2. Le type 1 comporte trois groupes : M (majoritaire), O (outlier), N (non M non O). Le groupe M regroupe neuf sous-types (de A à K). En Europe et en Amérique du Nord sévit le sous-type B.
En France, un peu plus de 6 000 nouveaux cas sont détectés chaque année, presque tous à VIH 1 (98 %), les infections à VIH 2 (2 %) concernant exclusivement les habitants de l’Afrique de l’Ouest.

Prélèvement

Prélèvement sur tube sec.
Il est indispensable d’observer les précautions recommandées en cas de contact possible avec du sang infectant :
• mettre des gants ;
• ne jamais recapuchonner une aiguille ni la séparer de sa seringue ou de son tube ;
• garder à proximité le conteneur où sera jeté le matériel.

Cinétique des marqueurs de l’infection

L’ARN VIH plasmatique est détectable 7–10 jours après le contage.

Quinze jours en moyenne après le contage, l’antigène p24 est détectable en ELISA dans le sang. Il disparaît 2 semaines après pour ne réapparaître qu’au stade du sida.

Entre 3 et 6 semaines après la contamination, les anticorps apparaissent dans le sérum, révélés par le western blot : d’abord les anticorps anti-protéines internes p24, puis les anticorps anti- enveloppe et enfin les anticorps dirigés contre les enzymes du virus. La séroconversion complète s’étale donc sur une période de quelques semaines, ce qui explique les résultats dissociés en western blot.

Ensuite les anticorps persistent à un titre stable jusqu’à l’apparition de l’immunodépression qui induit une baisse progressive des anticorps vis-à-vis des protéines internes du virus, mais respecte les anticorps dirigés contre les glycoprotéines de l’enveloppe.

Interprétation

Le diagnostic biologique de l’infection par le VIH repose sur une analyse de dépistage recherchant les anticorps en ELISA, suivie, en cas de positivité, d’une analyse de confirmation en western blot sur le même prélèvement.

Dépistage
Le dépistage fait appel à des tests ELISA automatisés, de quatrième génération, qui permettent la détection combinée des anticorps anti-VIH1 anti-VIH2 et de l’antigène p24.

Confirmation
Si le dépistage est positif un test de confirmation est réalisé, à l’initiative du biologiste, sur le même prélèvement au moyen d’un western blot (ou d’un immunoblot), qui révèle non plus les anticorps totaux mais des anticorps dirigés contre les différentes protéines du virus.
Quand aucune bande ne correspond à une protéine virale, le résultat est négatif.
Le test est positif si le sérum contient au moins deux anticorps anti-protéines d’enveloppe (gp120/gp160, gp41) et un anticorps anti-protéine de core ou anti-protéines enzymatiques.
En cas de positivité de l’analyse de confirmation, un second prélèvement est réalisé afin d’éliminer une erreur d’identité. Sur ce second prélèvement est réalisé à nouveau un test ELISA de détection combinée. S’il est positif, l’infection à VIH est définitivement confirmée.

Nouveau-né
Chez les nouveau-nés de mère positive, le diagnostic repose sur la détection du virus (RT-PCR) à la naissance puis à l’âge de 1, 3 et 6 mois (le diagnostic d’infection est porté sur 2 prélèvements positifs successifs).

Tests de diagnostic rapide (TDR)
Des tests de diagnostic rapide peuvent être réalisés sur le sang total ou la salive ; leur résultat peut être connu dans la demi-heure. Positifs, ils doivent être confirmés par western blot sur le même prélèvement puis par un test de dépistage sur un second prélèvement.

La découverte d’une infection à VIH implique à brève échéance :
• la mesure de la charge virale ou ARN VIH plasmatique (v oir Fiche «VIH : charge virale») ;
• un phénotypage lymphocytaire CD4/CD8 ;
• un test génotypique de résistance (mutations des gènes de la transcriptase inverse, de la protéase, de l’intégrase) ;
• un sous-typage du VIH 1 ;
• la détermination du groupe HLA-B*5701 en cas d’intention de traiter par abacavir .
L’infection à VIH est une maladie à déclaration obligatoire.

 

En cas d’exposition à du sang possiblement infecté :
• Laisser saigner la plaie ou la piqûre. La nettoyer à l’eau et au savon. Rincer abondamment.
• Appliquer pendant 10 minutes au moins alcool à 70° ou eau de Javel à 1/10e ou solution de Dakin.
• Lavage à l’eau ou au sérum isotonique aux larmes en cas de projection oculaire.
• Avec son accord, consulter le dossier médical du patient ; en noter les principaux éléments.
• Prise en charge immédiate par le médecin référent AES de l’établissement.

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