Maladie de Lyme : 100 médecins se rebiffent contre le ministère

Le ministère de la Santé a présenté le 26 septembre un Plan Lyme axé sur l’information des professionnels et du public, l’amélioration des tests de diagnostic, l’intensification de la recherche. Lyme, un véritable scandale sanitaire, selon le sénateur Yves Détraigne. Des mesures, enfin, inspirées de celles réclamées par des médecins en colère.

1-s2Alors qu’une précédente réponse du ministère lui affirmait que le système actuel permet la surveillance de la borréliose et que les contrôles des sérologies de la borréliose montrent une bonne performance des réactifs utilisés sur l’ensemble du territoire, des médecins dénoncent, pour leur part, un véritable scandale sanitaire que le Pr Luc Montagnier, codécouvreur du VIH, va jusqu’à comparer à celui du sang contaminé.

Le scandale dénoncé l’est dans « L’appel des 100 », un manifeste publié par l’hebdomadaire L’Obs (n° 2697, 11 au 20 juillet 2016, accessible sur www.nouvelobs. com), auquel fait allusion le sénateur Détraigne. Dans ce manifeste, médecins soignants, généralistes et spécialistes, réclament cinq mesures publiques spécifiques et affirment que le Plan d’action contre la maladie de Lyme du ministère annoncé pour septembre est « un premier pas timide vers la reconnaissance officielle de la maladie de Lyme chronique ». Ils évoquent notamment l’insuffisante fiabilité des tests de dépistage, pourtant annoncée à 100 % par les brochures du ministère. Dans leur appel, ces professionnels de santé demandent des financements publics pour améliorer les tests de diagnostic, une prise en compte de la détresse morale mais aussi socioprofessionnelle des patients en errance diagnostique pendant plusieurs mois ou années et un arrêt des poursuites contre les médecins qui ne suivent pas les recommandations officielles (consensus 2006).

Ils réclament également la prise en compte des récentes données scientifiques en vue un nouveau consensus thérapeutique adapté ainsi qu’à la création d’unités hospitalières spécialisées Lyme avec des instituts labellisés, pour la recherche fondamentale et clinique, et de véritables financements publics pour la recherche sur les maladies vectorielles à tiques. Le manifeste cité par le sénateur Détraigne est signé par la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (incluant trois associations de médecins et chercheurs) de l’association de patients Lyme sans Frontières et de plus de 100 médecins.

Y.-M. D

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