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Interview de Mme MET, cadre formateur à l’IFSI de Bichat

Interview de Mme MET, cadre formateur à l’IFSI de Bichat

Interview de Mme MET, cadre formateur à l’IFSI de Bichat

Suite à une intervention de Thérèse Psiuk, voici un dialogue entre Marc Fontaine, délégué pédagogique des Editions Elsevier Masson, et Mme Met, cadre formateur à l’IFSI de Bichat : concrètement, à l’IFSi, en cours et en stage, et de la 1ère à la 3e année, comment utilise-t-on les plans de soins types et quel est le ressenti des étudiants ?

M.F. Et vous, de votre côté, en tant que formatrice, qu’enseignante, comment vous mobilisez les plans de soins types et le raisonnement clinique dans votre enseignement ?

Alors déjà la conférence, ça m’a permis, à moi aussi, de me remettre à revoir ma pratique, à revoir aussi les termes donc ça fait du bien ! En déclinaison à l’IFSI, on en parle dès le semestre 1, dans l’unité 3.1 S1, dans l’unité d’enseignement qui concerne.  On a fait une orientation, un choix – parce ce qu’il pourrait y avoir d’autres raisonnements- de l’utiliser et on le réutilise aussi dans les unités intégratives. Comme ça, l’étudiant le voit dans l’unité à qui il appartient et on le ré-exploite dans l’unité intégrative  qui est plutôt transversale. On envisage – on a commencé un peu à en parler- en tous cas on leur donne la méthodologie pour qu’ils puissent la retransposer en stage parce que c’est bien ça l’aboutissement, c’est pas que l’aspect d’évaluation théorique à l’IFSI, c’est que ce raisonnement-là ils se l’approprient – en tous cas c’est notre objectif – et que cette appropriation-là soit au bénéfice, sur le terrain de stage – de  le faire. Les choses sont difficiles pour les étudiants surtout en semestre 1 parce qu’on commence à en parler un petit peu avant le départ de stage, donc pour les étudiants c’est pas quelque chose de concret, du coup ils ont une  perception de quelque chose de théorique, mais comme c’est notre « fil rouge » – on est parle même jusqu’en 3e année– les choses dans la construction de – parce que du coup on en parle en 3.1 mais après le raisonnement clinique c’est transversal, c’est du cœur de métier et on y revient dans les intégratives et on voit bien que, en 3e année, quelque chose qui leur paraissait complètement théorique et abstrait, eh bien ça donne du sens aux étudiants en disant – alors effectivement ils utilisent pas forcément les bons termes mais le raisonnement, le découlement auprès de mon patient, je peux le faire.

 M.F. Le ressenti des étudiants, pour vous, par rapport à cette approche très théorique du plan de soins type, c’est plutôt positif et…

C’est par phases, on va dire.

La première phase, c’est vrai que les étudiants en 1ère année sont un peu …  en plus « trifocal »… l’appropriation des termes, ça fait peur, ça fait scientifique d’une certaine façon pour eux donc  ils se disent « oh la la «  et que ce qu’ils veulent voir en 1ère année c’est en découdre avec la pratique. Ils nous disent « oui, ils nous parlent de trifocal mais moi je veux aller piquer le patient ». Je fais une petite caricature mais c’est un petit peu ça.

En 2e année, du coup, avec la distance et l’expérience de stage, effectivement je vois que je peux l’utiliser mais je suis encore dans l’appropriation.

Par contre en 3e année, c’est ça qui est intéressant, c’est qu’avec  la distance et l’expérience, je vois que finalement le terme qui me paraissait compliqué eh bien c’est ce que je fais tous les jours et que du coup la technique – j’allais dire le schème mental – finalement, j’ai pu me l’approprier et le faire et que ce qui me paraissait une montagne en 1ère année,  est mon quotidien en 3e année.

Après, j’ai pas fait d’études, mais j’ai quand même l’impression quand on va les voir en stage qu’ils le font,  même s’ils n’appellent pas forcément le terme « raisonnement trifocal » mais il y a du raisonnement qui est fait. C’est peut être que du bas-niveau mais avec l’expérience je tends à dire que …

 M.F. Est-ce que quand vous êtes en travaux pratiques vous demandez à vos étudiants – alors plutôt  de 3e année- de revenir avec des situations  traitées sous la forme de plans de soins types, ça, vous le faites ?

 Oui, on le fait dans les intégratives : l’unité 5.5, clairement, on leur demande à partir de vrais dossiers de patients, qu’ils repartent justement là-dessus, qu’ils nous proposent des choses et c’est pour ça que je vous disais qu’on a la chance de voir l’évolution de leur appropriation entre la 1ère année et du coup en 3e année.

 M.F. Quels sont les liens entre les plans de soins types, le raisonnement clinique et le diagnostic infirmier ?

Pour moi, il y a des liens –parce que le lien c’est le diagnostic infirmier et le raisonnement clinique-  c’est au bénéfice de la pratique infirmière, le lien est là par rapport au métier. Le raisonnement clinique, moi, je le maintiens –alors je suis contente que l’avoir entendu dire par Mme Psiuk que c’est un outil, il peut y en avoir d’autres, d’appropriation , donc le lien est là par rapport  à sa pratique et comme c’est un outil on peut aussi se l’approprier. Le diagnostic infirmier est aussi un outil donc le lien c’est : deux outils au bénéfice d’une pratique, si je peux résumer comme ça. Après, peut-être que – c’est peut-être là que ça va être un peu polémique – et  la difficulté aussi que peuvent aussi avoir les étudiants c’est que pour les infirmières, c’est tellement intériorisé et elles verbalisent pas ce qu’elles font c’est que les  étudiants ont toujours l’impression  qu’elles n’utilisent pas forcément à bon escient les diagnostics infirmiers et qu’elles ne font pas de raisonnement  clinique parce qu’elles –en fait moi j’en suis convaincue, pour avoir aussi été infirmière- on le fait mais on n’explicite pas forcément d’ailleurs notre pensée, c’est certainement un tort du métier d’infirmier et donc du coup comme c’est intériorisé et presque – pour d’anciennes infirmières – logique, donc il n’y a pas de verbalisation  donc les étudiants, souvent, quand ils reviennent à l’IFSI, disent « ah mais à quoi ça sert qu’on apprenne ça puisque les infirmières le font pas » après, c’est à nous en tant que formateurs, de dire « ben si parce que quand l’infirmière par exemple elle a reçu un patient avec sa fracture en orthopédie et qu’elle a posé des diagnostics infirmiers, voire  elle a participé au diagnostic médical, c’est qu’elle s’est basée de certains outils, du raisonnement  clinique, par rapport à 3 dimensions et donc en fait en détricotant à l’inverse ça, pour l’étudiant il peut en disant « ah effectivement elle ne me l’a pas dit mais c’est ce qu’elle a fait, en tous cas il peut se voir dans l’action.

Voir l’interview en vidéo (cliquer sur l’image)

1ère partie

2e partie

Qui est Thérèse PSIUK ?

FONCTIONS ACTUELLES
Depuis le 29 juin 2015 : Expert dans le groupe « Hôpital numérique » à l’ANAP (Agence nationale pour l’aide à la performance).
Formatrice vacataire à Césiform (Formations inter-établissements et conférences) : Parcours de soins – Plans de soins types – chemins cliniques – guide de séjour : méthodologie de construction, implantation dans le dossier patient informatisé, phase test, étape d’évaluation des hors chemins cliniques – recherche – action.
Collaboration avec l’université :
– Enseignement du raisonnement clinique Paris VI filière MC3
– Formatrice et Membre du groupe de Pilotage DUSG LILLE (diplôme universitaire de soins en gérontologie)
– Membre du groupe de pilotage et intervenante MASTER 1 et 2 « coordination des trajectoires de santé »

Auteur et co-auteur pour les Editions Elsevier Masson :
Plans de soins types, les chemins cliniques et les guides de séjour en collaboration avec le Centre Oscar Lambret à Lille (juin 2010)
Plans de soins types et Chemins cliniques (octobre 2011)
Plans de soins types et Chemins cliniques, 20 situations cliniques prévalentes (mai 2013)

voir un extrait de l’ouvrage en accès libre sur le blog

Vous êtes formateur en IFSI ou documentaliste ? Notre délégué pédagogique est à votre écoute

Marc FONTAINE M.Fontaine@elsevier.com

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