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Le sein et le sport : une alliance bénéfique

Le sein et le sport : une alliance bénéfique

The breast and the sport: A beneficial alliance

Si l’on se réfère au nombre de publications, le sein est loin d’être la préoccupation majeure des médecins du sport. Pourtant, la forte représentation de la gente féminine parmi les pratiquants justifie d’y porter une plus grande attention d’autant que, de par leur situation anatomique, les seins sont exposés à des traumatismes dans de nombreuses activités. La connaissance de quelques grandes idées clés s’impose donc si l’on veut acquérir de bons réflexes, qu’ils soient d’ordre préventif ou thérapeutique :

• pathologies mammaires liées au sport : traumatismes directs(chutes, chocs, ceinture de sécurité) et phénomènes de friction du mamelon (bicyclit’s ou jogger’s nipple) sont les deux grands mécanismes à l’origine des lésions les plus fréquentes : abrasion, hématome, adiponécrose, douleurs, écoulement. Si aucune d’entre elles ne présente un risque de dégénérescence cancéreuse, il convient pourtant de rester vigilant et de ne pas rassurer trop vite la patiente car il peut toujours coexister un hématome traumatique avec une lésion tumorale. Par ailleurs, devant un écoulement du mamelon, l’existence d’une lésion intragalactophorique devra toujours être recherchée. Enfin, l’évolution redoutable de la lésion initiale, au bout de quelques mois, vers une masse d’aspect spiculé, plus ou moins calcifiée, parfois associée à des phénomènes de rétraction cutanée, risque alors, faute d’une anamnèse précise, de poser d’importantes difficultés d’interprétation des mammographies de dépistage systématique obligeant parfois à une biopsie à visée diagnostique afin d’étiqueter précisément ces images « cancer-like ». Ainsi, un diagnostic lésionnel initial rigoureux, aidé ou non par une imagerie et une surveillance évolutive tout aussi attentive faite par un spécialiste faciliteront la prise en charge et le suivi de ces patientes ;
• sport et cancer du sein : plusieurs études ont démontré qu’une pratique hebdomadaire de 3 à 4 heures de sport diminue d’environ 30 à 40 % le risque de survenue d’un cancer du sein mais également le risque de récidive en cas de lésion déjà traitée. L’activité physique, en aidant à lutter contre le surpoids, diminuerait le taux d’insuline (effet mitotique sur les sur les cellules mammaires) et également le taux d’androgènes qui se transforment secondairement en œstrogènes ;
• développement mammaire et activité physique : le sein est une glande constituée essentiellement de parenchyme (glandes et canaux) et de stroma (graisse, vaisseaux, nerf). Il ne peut être« musclé » via des exercices physiques car le seul muscle qu’il contient se trouve autour de l’aréole. L’impression parfois d’une augmentation de volume est seulement due au développement du muscle grand pectoral. En revanche, une faible diminution de volume reste possible du fait d’une diminution de la masse graisseuse via la pratique d’une activité physique ;
• protection mammaire et sport : la prévention des traumatismes passe par des mesures simples : protection contre les chocs directs via un soutien-gorge suffisamment rembourré, voire doublé d’une surprotection dans certains sports de combat, protection du mamelon par des bandages et/ou pansements adaptés et/ou en appliquant un peu de vaseline pour diminuer les phénomènes de friction, protection contre une cinétique excessive (source de douleurs chez plus de 20 % des sportives) via des soutiens-gorge utilisant des tissus peu élastiques et comportant des bretelles croisées.

Le sein, en médecine du sport, est donc avant tout une affaire de prévention. Mieux connaître pour mieux agir et surtout pré-venir, tel pourrait être le slogan concernant cet organe.

La revue de presse de ce nouveau numéro du journal sera dédiée exclusivement au sein.

Bonne lecture à toutes. . . et tous.

Déclaration de liens d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

S. Besch
Hôpitaux de Saint-Maurice, 14, rue du Val-d’Osne, 94 110 Saint-Maurice, France

© 2016 Publié par Elsevier Masson SAS.

 

 

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