Présentation du système tégumentaire

Savoirs à acquérir

 Annotation d’une coupe de peau :

– caractéristiques de la peau et facteurs de variation.

Présentation du système tégumentaire


Frontière qui sépare l’intérieur de notre corps du monde extérieur, le système tégumentaire est une architecture complexe qui recouvre les muscles sous-jacents par l’intermédiaire d’un tissu adipeux nommé hypoderme.


1 Annotation d’une coupe de peau : le vocabulaire de base

Le système tégumentaire est constitué de la peau elle-même et de diverses structures regroupées sous le nom d’annexes cutanées.

1.La peau : une architecture sur deux niveaux, l’épiderme en surface et le derme sous-jacent

L’épiderme (1)

L’épiderme est la principale structure protectrice du corps, grâce à sa région la plus superficielle, la couche cornée (6), faite de cellules mortes sans cesse renouvelées.

Comme tous les epithelia, l’épiderme est dépourvu de vaisseaux sanguins et lymphatiques. C’est la raison pour laquelle l’incision de la seule couche épidermique ne provoque pas de saignement.

Le derme (2)

Le derme est un tissu conjonctif, tissu de soutien de l’épiderme, grâce à un épais feutrage de faisceaux denses et épais de collagène.

Le derme est très riche en vaisseaux sanguins (4).

Il assure ainsi l’apport d’oxygène et de nutriments à l’ensemble des structures du système tégumentaire et le retour des déchets résultant de leur activité (CO2, urée, etc.) vers les organes d’épuration (poumons, reins, etc.).

Le derme renferme également les récepteurs du sens du toucher (5).

Le derme est le sol d’implantation des annexes cutanées.

NB. L’hypoderme (3) est constitué de tissu adipeux, comme il en existe dans d’autres régions de l’organisme, et ne fait donc pas vraiment partie de la peau. Interposé entre le derme et les muscles sur lesquels il se moule, il n’en a pas moins des relations fonctionnelles étroites avec elle.

2. Les annexes cutanées : trois « appareils » logés dans le derme

Tableau 12.1. Caractéristiques des appareils logés dans le derme

Fig. 12.1. Présentation du système tégumentaire. (Cliquez pour agrandir)

2. Caractéristiques de la peau et facteurs de variation

« Il n’y a pas de plus fin, de plus riche, de plus beau tissu que la peau (…) »

Anatole France

 1. La peau : l’organe de revêtement du corps

La peau est l’organe le plus étendu et le plus lourd du corps humain.

  • Surface : de 1,5 m2 à 2 m2 chez un adulte de taille moyenne.
  • Poids (sans le tissu adipeux sous-cutané) : entre 3 kg et 3,5 kg, c’est-à-dire deux fois le poids du cerveau.

2. La peau : des aspects très divers

La couleur de la peau est l’élément de différenciation le plus caractéristique des multiples ethnies qui peuplent la Terre.

Un certain nombre de caractéristiques différencient les peaux blanches (parfois nommées « caucasiennes », un mot qui vient de Caucase, une chaîne de montagnes d’Asie) et les peaux sombres (asiatiques et « négroïdes ») (voir chapitre 13, page 148).

Fig. 12.2. La couleur de la peau et des cheveux : un subtil marqueur de l’espèce humaine.

L’épaisseur de la peau varie avec les régions.

  • L’épaisseur moyenne chez l’adulte jeune : 1,2 mm (mesure échographique).
  • C’est au niveau des paupières que la peau est la plus fine, et aux paumes et surtout aux plantes qu’elle est la plus épaisse (3 mm et plus), une adaptation aux besoins de l’organisme.

La pilosité permet de distinguer : la peau pileuse, qui recouvre pratiquement toute la surface corporelle, et la peau glabre limitée aux paumes et aux plantes.

Glabre signifie « dépourvu de poils ».

3. La peau : des fonctions multiples dans l’organisme

La peau assure avant tout la protection de l’organisme contre les agressions du monde extérieur : agressions mécaniques, pénétration de substances étrangères (micro-organismes, etc.), protection contre les rayons du soleil, etc.

Mais la peau n’est pas pour autant une barrière infranchissable : elle réalise, confie A. Carrel, « le prodige d’être une frontière simultanément fermée et ouverte ».

La peau nous protège de la chaleur grâce à la sueur qui a pour rôle d’éliminer la chaleur excédentaire de notre corps.

La peau synthétise dans sa région la plus superficielle, l’épiderme, la vitamine D, sous l’effet des UVB du soleil.

La vitamine D est elle-même indispensable pour que le calcium se fixe dans les os et leur donne leur solidité.

La peau contient les récepteurs du sens du toucher qui captent toutes sortes de renseignements provenant du monde extérieur.

Un rôle d’information qui ajoute une aide indirecte à la défense de l’organisme.

4. La peau : un rôle « socio-culturel »

Idéalement douce et attractive, la peau occupe une place privilégiée dans le relationnel humain, comme le démontre le nombre important d’expressions populaires qui font référence à la peau.

La peau est le dernier rempart dans l’expression : « attraper quelqu’un par la peau du cou ».

La peau désigne la personnalité, quand on dit : « être dans la peau d’un personnage ».

La peau est synonyme de la vie dans de multiples expressions populaires : « risquer sa peau », « vendre cher sa peau », « sauver sa peau », etc.

La peau devient un terme d’injure quand on parle de « vieille peau » (Zola).

Elle est le support d’une émotion dans l’expression : « à fleur de peau ».

On fait « peau neuve » quand on change de comportement, de conduite.

On peut avoir une « peau de pêche »…

La peau révèle notre vie intérieure dans les expressions : être « bien (ou mal) dans sa peau », avoir la « peau dure » ou… « avoir quelqu’un dans la peau ».

5. La peau : un terrain pour de nombreuses maladies

La peau est le siège de maladies, appelées dermatoses, qui ont une particularité : en dehors de leurs propres effets nocifs sur l’organisme, elles présentent l’inconvénient majeur de se voir et ainsi de nuire à l’image de ceux qui en sont porteurs.

Pour compliquer les choses, il existe aussi des dermatoses dites « psychosomatiques », parce que des événements de la vie, vécus comme des traumatismes, peuvent jouer un rôle dans leur éclosion, sans pour autant les expliquer.

Enfin, des maladies internes peuvent s’exprimer au niveau de la peau par des anomalies, qui représentent un véritable « marqueur » de la maladie générale, d’un intérêt considérable pour la détection de celle-ci. C’est le cas des dermatoses dites « paranéoplasiques », c’est-à-dire qui accompagnent un cancer profond.

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Vous venez de lire le Chapitre 12 . Présentation du système tégumentaire de l’ouvrage Bac professionnel et Brevet professionnel Esthétique, Cosmétique, Parfumerie – Manuel 2nde, 1re et Tle

Auteurs

Gérard Peyrefitte

Médecin, enseignant en biologie et dermatologie

Marie-Claude Martini

Professeure à la faculté de pharmacie

Université Claude-Bernard-Lyon I

Illustrations de Jérôme Camponovo, Élie Debreuve, Éric Debuiche, Gilles Petit, Marie Schmitt

Ont collaboré à cet ouvrage : Pascal Coche, Bernard Dessapt, Vlad Negulescu, Chantal Tchouatcha

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Auteur(s): Gérard Peyrefitte, Jérôme Camponovo, Marie-Claude Martini

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