Protozoaires et vers

Issu de l’ouvrage de référence anglo-saxon, Dermatology, 3rd edition, de Jean L.
Bolognia et al., découvrez le chapitre sur les Protozoaires et vers

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Leishmaniose

• Trois formes principales : (1) cutanée ( fig. 70.1 ) ; (2) cutanéomuqueuse ( fig. 70.2 ) ; et (3) viscérale (p. ex. foie, rate).
• Causée par plus de 15 espèces différentes de Leishmania ( tableau 70.1 ).
• Vecteur = phlébotome ( Phlebotomus et Lutzomyia spp.) ( fig. 70.3 ).
• La maladie est observée dans le monde entier, mais elle est endémique en Asie, Afrique, Amérique latine et bassin méditerranéen ( fig. 70.4 ).
• La maladie cutanée atteint la peau seulement, c’est communément une papule qui s’étend et s’ulcère (fig. 70.5) ; la présentation peut être sporotrichoïde ( fig. 70.6 ) ; la (les) lésion(s) peu(ven)t guérir spontanément ( fig. 70.7 ).
• La forme cutanéomuqueuse, souvent due à Leishmania brasiliensis, atteint les muqueuses (p. ex. nez, lèvres, oropharynx) aussi bien que la peau.
• La leishmaniose viscérale (kala-azar) atteint la moelle, la rate et le foie, elle est due habituellement à Leishmania donovani ; les symptômes incluent fièvre, toux, lymphadénopathies et hépatosplénomégalie ; une leishmaniose postkala- azar dermique peut suivre le traitement.
TT : pour une lésion isolée, un traitement conservateur (p. ex. surveillance, chaleur, cryothérapie) ou paromycine topique peut être utilisé ; pour une maladie plus étendue antimoine pentavalent IV ou IM (sodium stibogluconate, méglumine antimoniate), miltéfosine orale.
• Pour une assistance diagnostique ou thérapeutique les sources d’information incluent les Centers for Disease Control et l’Organisation mondiale de la santé.

 

Amibiase

• Infection par protozoaire (Entamoeba histolytica) qui cause le plus souvent une colite ; transmission orofécale.
• Produit occasionnellement des ulcérations cutanées nécrotiques qui peuvent ressembler au pyoderma gangrenosum ou des plaques verruqueuses ressemblant à un carcinome spinocellulaire ou à des condylomes acuminés.
• L’atteinte cutanée est généralement secondaire à l’extension d’une amibiase rectale à la peau périanale ou périgénitale ou à l’extension d’un abcès hépatique à la peau et à la paroi abdominale.
TT : pour Entamoeba histolytica , métronidazole ; les autres traitements incluent diloxanide, tinidazole.

Infections par amibes libres

Balamuthia mandrillaris peut infecter des sujets immunocompétents (en particulier des enfants) et des sujets immunodéprimés ; la lésion cutanée typique est une plaque indurée de croissance lente de la partie centrale du visage avec une éventuelle diffusion hématogène vers le système nerveux central.
Acanthamoeba spp. peuvent être responsables de papulonodules cutanés et d’une encéphalite chez des patients immunodéprimés.

Trypanosomiase américaine

Trypanosoma cruzi est transmis par des insectes (triatomes ou réduves).
• Endémique dans certaines zones d’Amérique centrale et du Sud.
• Maladie systémique qui peut affecter le système nerveux autonome, le tractus gastro-intestinal et le cœur.
• Phase primaire aiguë : érythème local et œdème au site d’inoculation ± lymphadénopathies régionales ; quand elle est périorbitaire, elle est appelée signe de Romaña ( fig. 70.8 ).
• La phase chronique survient après des décennies : insuffisance cardiaque congestive, arythmies incluant un bloc cardiaque, mégacôlon, méga-oesophage.

Trypanosomiase africaine

• Vecteur = mouche tsé-tsé (glossine).
• Trouvée aussi bien en Afrique de l’Ouest ( Trypanosoma brucei gambiense ) que de l’Est ( Trypanosoma brucei rhodesiense ).
• Manifestations cutanées : chancre trypanosomal ou trypanome (réaction cutanée de piqûre ; fig. 70.9) et éruption érythémateuse annulaire avec fièvre.
• Signe de Winterbottom – hypertrophie des ganglions lymphatiques cervicopostérieurs et supraclaviculaires – manifestation classique de la forme Ouest-Africaine.

Toxoplasmose

• Infection mondiale secondaire à des oocytes de Toxoplasma gondii ; présents dans les déjections de chats ou des aliments infectés.
• Atteinte cutanée rare ; les infections congénitales comportent des papules nécrotiques ou hémorragiques du tronc (« T » dans l’acronyme TORCH).
• Les présentations fréquentes incluent une lymphadénite cervicale ou une choriorétinite.
• Des kystes tissulaires peuvent conduire à une recrudescence chez des personnes immunodéprimées.

Larva migrans cutanée

• Secondaire à la larve d’un animal (p. ex. habituellement chiens/chats sauvages/domestiques), an

kylostomes (nématodes intestinaux), p. ex. Ancylostoma braziliense.
• Dans le monde entier, mais particulièrement fréquente dans les zones tropicales/subtropicales et le sud-ouest des États-Unis.
• Les larves présentes dans le sol infecté, dont le sable, pénètrent dans la peau.
• Des traînées prurigineuses, inflammatoires, serpigineuses sont produites par la migration des parasites (fig. 70.10) ; migration moyenne 1–2 cm/j.
• Les localisations les plus fréquentes sont les membres inférieurs, notamment les pieds et les fesses suite à la marche et la position assise sur une plage.
DD : ne doit pas être confondue avec la larva currens (secondaire à des Strongyloides ; cf. tableau 70.2).
• La maladie est autolimitée mais peut-être traitée par albendazole ou ivermectine orale ; thiabendazole topique pour la maladie localisée.

 

Onchocercose

• Secondaire à Onchocerca volvulus, un nématode tissulaire.
• Vecteur = mouche noire (Simulium).
• Endémique en Afrique, au Yémen et dans certaines zones d’Amérique centrale ou du Sud ; près des rivières à courant rapide.
• Manifestations cutanées : nodules sous-cutanés contenant des vers adultes (onchocercomes), dermite papuleuse prurigineuse, peau dépigmentée, lichénifiée, en particulier sur les faces antérieures des jambes (sowda) (fig. 70.11).
• Atteinte oculaire chronique conduisant à une kératite sclérosante, une iridocyclite et finalement une cécité, d’où le nom de « cécité du fleuve ».
TT : ivermectine orale.

 

Filariose

• Des nématodes tissulaires (Wuchereria bancrofti ou Brugia malayi/B. timori) infectent le système lymphatique.
• Vecteur = moustique (Culex, Anophèles, Aedes spp.).
• Endémique dans les régions tropicales et subtropicales de l’Inde, l’Amérique et l’Afrique.
• Forme aiguë : lymphangite et orchite.
• Forme chronique : lymphoedème, éléphantiasis (les membres hypertrophiés deviennent indurés avec des plis cutanés et des modifications verruqueuses au-dessus), hydrocèle, chylurie.
• Compliquée par une cellulite récurrente.

Bilharziose

• Infection secondaire à trois espèces principales avec une distribution géographique spécifique (Afrique – Schistosoma hematobium, Asie – S. japonicum, Amérique du Sud – S. mansoni) ; l’hôte intermédiaire est un mollusque vivant dans l’eau douce ; les organismes pénètrent dans la peau.
• Variantes de la maladie cutanée – dermite cercarienne (érythème transitoire, urticaire ou papules prurigineuses), fièvre de Katayama (réaction allergique systémique avec urticaire, fièvre, frissons, sueurs, céphalées, éosinophilie périphérique).
• Maladie fibro-occlusive chronique du foie (S. japonicum), de l’intestin (S. mansoni) ou du tractus urinaire (S. hematobium).

Dermite des nageurs

• Cercaires de > 20 espèces de schistosomes animaux (p. ex. Ornithobilharzia) pouvant pénétrer dans la peau et causer la dermite des nageurs.
• Dans le monde entier ; endémique dans la région des Grands Lacs.
• Papules érythémateuses de la peau exposée (fig. 70.12).
• Autolimité (7–10 jours).
• Ne pas confondre avec l’éruption des tenues de bain (secondaire à Linuche, Edwardsiella spp.), qui affecte les zones situées sous les vêtements de bain (cf. chapitre 72).

Cysticercose

• Les cestodes (vers solitaires, p. ex. Taenia solium) qui infectent plus fréquemment les animaux peuvent aussi infecter les humains ; diffusent à partir de l’ingestion d’aliments contaminés ou par transmission orofécale.
• Manifestations cutanées : petits papulonodules asymptomatiques.
• Il peut y avoir une atteinte du cerveau, des yeux, du coeur, des muscles ou de la cavité péritonéale.

 

Échinococcose

• Cestode (ver solitaire Echinococcus) qui infecte habituellement les chiens ; s’étend à partir de l’ingestion de déjections de chiens contaminées. • Les humains peuvent être un hôte intermédiaire et développer des kystes hydatiques du foie ou des poumons.
• Entraîne rarement urticaire, asthme ou anaphylaxie.

Gnathostomiase

• Due à l’ingestion de poisson cru ou peu cuit d’eau douce (p. ex. ceviche) et d’anguilles ou de grenouilles qui contiennent des larves de Gnathostoma spp. (nématodes).
• Des gonflements sous-cutanés transitoires pouvant être prurigineux sont dus à la migration de la larve.

Cf. tableau 70.2 pour un résumé des autres vers parasites pouvant causer des manifestations cutanées.

Pour plus d’informations, cf. ch. 83 de Dermatology, Third Edition.

© 2018, Elsevier Masson SAS

Vous venez de lire le chapitre 70 Protozoaires et vers de l’ouvrage Dermatologie : L’essentiel

Les Auteurs

Cet ouvrage a été traduit par Gérard Lorette, dermatologue, Professeur émérite, ancien chef de service et chef de pôle au CHU de Tours.

 

 

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Auteur(s): Jean L. Bolognia Julie V. Schaffer Karynne O. Duncan Christine J. Ko

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