Quand l’indignation, les convictions et l’intuition mènent à l’action

Elsevier Masson défend une vision du soin empreinte d’humanité, et nous partageons avec nos lecteurs une philosophie de la bientraitance pour la formation des étudiants et la réflexion des professionnels en exercice.

Plongeons dans trois exemples concrets.

A 18 ans, Philippe Crône découvre la rigidité d’un service de neuro-gérontologie.

Malheureusement, il y avait un décalage entre ma vision du métier et ce qu’on me demandait. Je l’ai compris un jour où je trouvai un vieux monsieur de 90 ans en pleurs, anéanti par un accident vasculaire cérébral (AVC). Il m’expliqua que son chien était enfermé depuis deux jours dans sa maison. J’en informai ma surveillante, qui me répondit sèchement :

« Votre métier est de soigner les gens, pas les chiens.

– Oui, mais ce monsieur meurt de chagrin.

– Il faut laisser vos émotions au vestiaire ! »

Philippe Crône va écouter ses émotions, confier le chien aux voisins, recevoir un avertissement de sa hiérarchie … et changer de travail !

Arrivé à son nouveau poste, dans la maison de retraite de son village, il continue à s’interroger : « À quoi servait de manger, boire, dormir si c’était seulement pour attendre de mourir ? ».  Alors, pendant ses pauses, il bavarde, plaisante, joue aux cartes avec les résidents. Sera-t-il sanctionné ? Non, au contraire. Si vous voulez connaître la réaction du directeur de la maison de retraite, lisez l’introduction de son ouvrage  animer en humanitude.

Walter Hesbeen parle lui-aussi de la relation dans tous ses ouvrages, par exemple dans Le mémoire de fin d’études des étudiants infirmiers. Il valorise la sensibilité et l’intuition :

La compétence soignante repose ainsi sur l’intelligence , la sensibilité et la créativité du professionnel et requiert la mise en mouvement de sa capacité de penser, de réfléchir, d’exercer un raisonnement clinique, c’est-à-dire un raisonnement qui est mené auprès des personnes, à partir d’un contact avec celles-ci, un raisonnement qui est ancré dans l’observation de ce qui se passe et dans la perception de ce qui se vit dans une situation, et qui fait appel à la capacité du professionnel d’établir finement, subtilement des liens avec ses savoirs de référence, son expérience et son intuition.

Vous pouvez lire ici toute l’introduction de son ouvrage.

Lorsqu’il rencontre les étudiants, plusieurs fois par an, il les incite à faire preuve de courage.

Ainsi, à l’étudiant qui demande des conseils en tant que futur infirmier, Walter Hesbeen parle de l’importance de la conviction.

« La conviction que votre métier est et sera plus beau qu’un ensemble d’actes et de tâches que vous pourriez être amenés à faire éventuellement de façon parfois systématique, la conviction de ce qui fait la beauté de votre métier de futur infirmier ou infirmière, ne réside pas dans ce que l’on fait mais de la manière que l’on a de pouvoir tenir compte de la personne dans ce que l’on a à faire avec elle et ça, que vous travailliez en psychiatrie, en chirurgie, ou encore une fois dans n’importe quel type de secteur, ça reste vrai, et ça, ça fait appel à la fois à ce qu’on pourrait appeler une éthique du courage et de la conviction. Il faut parfois du courage aujourd’hui pour continuer en tant que jeune professionnel  à dire « je ne veux pas faire comme j’observe parfois que l’on fait », « je ne veux pas finalement entrer dans cette forme de routine », même lorsque – et pas plus tard qu’hier j’étais dans un établissement pas trop loin d’ici- où on me disait que, eh bien, parfois que quand on veut faire différemment on se fait réprimander par les autres , c’est là qu’on va avoir besoin d’éthique de la conviction et de courage. Voilà ce que je peux répondre à votre question. »

Vous pouvez voir la vidéo de son intervention.

Et les sujets d’indignation ne concernent pas seulement quelques personnes âgées en EHPAD ou à l’hôpital. 100 % des enfants sont maltraités… à l’école. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas accès à des toilettes dans des conditions normales (hygiène, intimité, sécurité).

« Ainsi, il semble que seulement 43 % des élèves vont régulièrement aux toilettes tous les jours ; 48,5 % ne s’y rendent que lorsqu’ils ne peuvent pas faire autrement et 7,2 % disent ne jamais les utiliser, la moitié étant demi-pensionnaire. » ce qui engendre des pathologies. Lisez l’article Les toilettes scolaires Un enjeu de santé publique  de la revue de Santé Scolaire &Universitaire pour tout savoir sur le sujet et lire les préconisations. Nos auteurs s’indignent, nos lecteurs aussi, tel ce médecin scolaire qui commente cet article

« Je me suis battue pendant mes 40 ans d’exercice de médecin scolaire pour faire changer les choses…. J’avais même demandé à ce que soient fermées les toilettes pour les adultes pour les obliger à utiliser les toilettes pour les élèves !
Ce fut alors considéré comme un vrai scandale !!!! et je me suis vu apposer une fin de non-recevoir au conseil d’administration !!!! les politiques présents, les parents d’élèves présents ont laissé faire !!!! »

Ces médecins, infirmiers, éducateurs sont portés par leur indignation et leurs convictions, et font concrètement bouger les choses. En plus, ils respirent souvent la sérénité et la joie de vivre !

N’hésitez pas à partager vos expériences en laissant un commentaire.

Voir sur le blog les articles qui ont été cités

« j’ai rencontré l’humanitude » introduction à l’animation solidaire, par Philippe Crône

Le mémoire de fin d’études des étudiants en soins infirmiers

Les toilettes scolaires

Voir sur le site de e-commerce les ouvrages et la revue cités

Santé scolaire

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