Prise en charge d’un patient adulte opéré de la thyroïde de J−1 à J3

Sommaire

Définition

Argumentation

Anatomie et schéma de la thyroïde

Définitions des pathologies traitées par chirurgie

Abréviations utilisées

Photographie des trois domaines cliniques

Plan de soins type

Chemin clinique

Définition

Le groupe homogène de patient (GHP) concerne le patient adulte opéré de la thyroïde. Cette intervention consiste en l’ablation partielle ou totale de la thyroïde afin de réduire la symptomatologie provoquée par la pathologie initiale (maladie de Basedow, thyroïdie d’Hashimoto, nodules…).

Le parcours du patient comprend plusieurs étapes avant qu’il soit hospitalisé. En consultation, le chirurgien évalue le patient à travers la clinique et les examens complémentaires pour décider de la thyroïdectomie totale ou partielle. À l’issue de cette démarche, une date opératoire est programmée et une consultation d’anesthésie est planifiée. Une convocation est remise au patient. Le patient arrive à J−1 dans le service de chirurgie vasculaire pour effectuer une préparation préopératoire.

Le contrôle de l’état clinique et du bilan biologique du patient permet au chirurgien de maintenir l’intervention. À J0, le patient est opéré puis transféré en salle de surveillance post-interventionnelle pendant 2 à 3 h (durée variable en fonction de l’état du patient). Après l’extubation, il remonte dans le service pour la prise en charge postopératoire jusqu’à J3. À la sortie, le patient retourne au domicile avec des ordonnances (traitements, pansement et bilan biologique de contrôle : thyroid stumulating hormone ou TSH et calcémie) et la convocation pour la consultation à 1 mois avec le chirurgien.

Argumentation

La thyroïdectomie est le traitement de choix dans les maladies thyroïdiennes. Ce GHP a donc été choisi pour sa fréquence dans le service de chirurgie vasculaire et endocrinienne du groupe hospitalier Henri-Mondor. Ainsi, nous avons relevé 133 interventions en 2016 et 73 interventions en 2017 (janvier à août).

L’élaboration et l’utilisation de ce plan de soins type et de ce chemin clinique vont permettre d’améliorer la prise en charge de ces patients et de sécuriser, de façon optimale, les pratiques de soins sur cette séquence de leur parcours.

Ce projet institutionnel a pour objectif de :

  • améliorer la prise en charge des patients grâce à l’élaboration de protocoles informatisés pour chaque GHP et l’harmonisation des pratiques professionnelles ;
  • créer un outil commun pour l’ensemble des acteurs pluridisciplinaires ;
  • développer la qualité des écrits professionnels et des transmissions orales synthétiques ;
  • construire un référentiel comme source pédagogique pour les futurs professionnels et les étudiants.

 Anatomie et schéma de la thyroïde (figure 5.1)

Figure 5 .1. Vue antérieure de la glande thyroïde.

La thyroïde est une glande située à la base du cou, elle mesure 6 cm de haut et 6 cm de large et son poids n’excède pas 30 g. Comme toutes les glandes, la thyroïde fabrique des hormones. Elle produit deux types d’hormones exactement : la T4 (tétra-iodothyronine ou thyroxine) et la T3 (tri-iodothyronine), dont l’action est essentielle à toutes les cellules de l’organisme. La T4 est produite en grande quantité, elle sera transformée à l’intérieur des cellules en rT3 ou reverse tri-iodothyronine (dont l’essentiel repart dans la circulation sanguine) et en T3 qui est l’hormone active. Pour que les hormones thyroïdiennes soient sécrétées en fonction des besoins de l’organisme, l’hypophyse, une petite glande rattachée au cerveau et située à la base du crâne, fabrique une hormone régulatrice qui agit directement sur la thyroïde : la TSH. Cette dernière a pour rôle de stimuler la thyroïde lorsque le taux des hormones thyroïdiennes dans le sang vient à baisser. Lorsque le taux de T3 et T4 est trop élevé, la TSH est alors mise au repos.

Définitions des pathologies traitées par chirurgie

  •  Goitre : il correspond à l’hypertrophie thyroïdienne globale et non fonctionnelle (absence de production d’hormone) :

– le goitre simple est favorisé par un déficit en iode, le tabac, un antécédent familial, il touche plus particulièrement les femmes ;
– autres types de maladies thyroïdiennes provoquant des goitres : maladie de Basedow, thyroïdite de Hashimoto ou autres thyroïdites ;
– symptômes (signes de compression des organes de voisinage) : gêne respiratoire, essoufflement voire étouffement (dyspnée par compression de la trachée), gêne à la déglutition (dysphagie par compression de l’œsophage), modification de la voix (dysphonie par compression du nerf récurrent), syndrome du Claude-Bernard-Horner (par compression du nerf sympathique), gonflement du cou (œdème dû à la compression de la veine cave supérieure), malaise (syncope par compression et irradiation du glomus carotidien).

  • Nodules thyroïdiens isolés : ces nodules peuvent être non sécrétants (nodules froids en scintigraphie) ou chauds (nodules hyperfixants en scintigraphie, responsables d’une hyperthyroïdie).
  • Maladie de Hashimoto : maladie auto-immune correspondant à l’atteinte des tissus thyroïdiens. Elle porte le nom du Japonais qui en a décrit, le premier, les caractéristiques histologiques, c’est-à-dire l’aspect du tissu thyroïdien malade vu au microscope. Symptômes : apparition d’un goitre avec d’autres signes possibles comme une prise de poids, une bradycardie, une tachycardie, une hypoglycémie…
  • Maladie de Basedow : maladie auto-immune entraînant une production importante d’hormones thyroïdiennes causant une augmentation de la taille de la glande et une hyperthyroïdie. Symptômes : goitre, augmentation de la thyroïde, fatigue, perte de poids, sensation de soif, palpitations, sueurs, nervosité, agitation, exophtalmie.
  • Signes de l’hyperthyroïdie : palpitations cardiaques, troubles du sommeil, fatigue, troubles de l’humeur (irritabilité voire dépression), perte de poids, diarrhée chronique, nausées, vomissements, règles irrégulières, diminution de la force musculaire, tremblements, saillie anormale des yeux et épaississement à l’avant de la jambe.
  • Signes de l’hypothyroïdie : fatigue intense, prise de poids, frilosité, apnée du sommeil, crampes, syndrome du canal carpien, troubles du système nerveux voire dépression, bradycardie, hypertension artérielle, constipation, anémie, excès de cholestérol, hypoacousie, voix rauque…

Abréviations utilisées

BPM      Battement par minute
BYC        Bouillon yaourt compote
CEPI       Contrôle épidémiologie et prévention de l’infection
CRP        C reactive protein
ECBU     Examen cytobactériologique des urines
EN          Échelle numérique
GED       Gestion électronique documentaire
GHP      Groupe homogène de patients
IV           Intraveineux
NFS        Numération formule sanguine
PA          Pression artérielle
PO          Per os
RAI         Recherche d’agglutines irrégulières
rT3         Reverse tri-iodothyronine
SC           Sous-cutané
SpO2         Saturation pulsée en oxygène
T°           Température
T3           Tri-iodothyronine
T4           Tétra-iodothyronine ou thyroxine
TILT        Type intensité localisation temporalité
TSH        Thyroid stumulating hormone

Photographie des trois domaines cliniques

Préambule : patient adulte hospitalisé pour traiter une pathologie de la thyroïde par l’ablation partielle ou totale de celle-ci.

(cliquez pour agrandir le tableau)

Plan de soins type

Des icônes indiquent les intervenants concernés :

rond avec point au centre: les diététiciens

main : les kinésithérapeutes

ψ : les psychologues.

Chemin clinique

Les icônes suivantes indiquent : main tenant un stylo la prescription médicale et + le rôle autonome de l’IDE ainsi que l’intervention de l’IDE.

 

Construire les chemins cliniques à l’hôpital
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Vous venez de lire la fiche 5  Prise en charge d’un patient adulte opéré de la thyroïde de J−1 à J3 de l’ouvrage Construire les chemins cliniques à l’hôpital

 Les auteurs de cette fiche (équipe hôpital Henri Mondor)

Éric Allaire, chirurgien vasculaire
Marie Decorde, infirmière diplômée d’État
Anaïs De la Rochemacé, aide-soignante
Louise Érard, infirmière diplômée d’État
Nathalie Janvier, cadre de santé paramédical, chef de projet
Inès Palas Gomès, infirmière diplômée d’État
Lionel Perez, infirmier diplômé d’État

Ouvrage conçu avec l’APHP  sous la direction de
Isabelle Beau
Cadre supérieur de santé paramédical, chargée de missions à la direction des soins et des activités paramédicales du GH Henri Mondor de l’AP-HP sur le système d’information patient–raisonnement clinique partagé
Françoise Zantman
Directrice de la direction des soins et des activités paramédicales de l’AP-HP
Préface de Thérèse Psiuk

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Auteur(s): sabelle Beau, Françoise Zantman, AP-HP

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