Paroles d’expert – Maladies infectieuses et tropicales

Position de la Société de pathologie infectieuse de langue française à propos de la maladie de Lyme

La maladie de Lyme fait l’objet d’une médiatisation importante. De nombreux articles et émissions de radio et de télévision ont contribué à renforcer un sentiment d’état d’alerte concernant cette maladie. L’une des demandes principales des patients est de bénéficier d’une reconnaissance et d’une prise en charge adaptée de leur infection.
Le problème principal de la prise en charge concerne des patients ayant des manifestations chroniques fonctionnelles attribuées à la maladie de Lyme ou à une autre maladie transmise par piqûre de tiques. Dans ces situations, le diagnostic est souvent incertain et le traitement anti-infectieux habituellement prescrit permet rarement d’obtenir une amélioration significative.
Dans ce contexte, et en accord avec l’avis du Haut Conseil de la santé publique en date du 28 mars 2014, la Société de pathologie infectieuse de langue française tient à préciser sa position. Voir l’intégralité de l’article ≫

Morsure de chauve souris, de chien, de tique… à savoir

Infections à la suite de morsures et griffures

Résumé

Une morsure ou une griffure animale est un motif fréquent de consultation médicale. Les animaux de compagnie, traditionnels comme émergents, sont le plus souvent en cause et les accidents concernent majoritairement les enfants. La gravité de la blessure infligée dépend de l’animal mordeur, de l’importance des lésions mécaniques et du risque de surinfection polymicrobienne de la plaie. Ce risque est directement corrélé à la rapidité de prise en charge adaptée. Certains animaux sont aussi vecteurs d’infections bactériennes ou virales spécifiques importantes à connaître et prévenir, en plus d’une évaluation et de la prise en charge du risque du tétanos ou de la rage qui doit être systématique.

Introduction

Les morsures et griffures animales sont extrêmement communes et représentent un motif fréquent de consultation d’urgence. En France, on estime à environ 100 000 par an le nombre de plaies attribuées aux animaux domestiques [1]. Plus de 75 % des morsures animales sont dues à des animaux domestiques et plus de 70 % des blessés le sont par leur propre animal ou un animal qu’ils connaissent [2, 3]. Alors que les chiens infligent environ 80 % des plaies, les chats sont responsables des 10 à 20 % restants [2]. Cette répartition est confirmée dans une étude portant sur 2026 morsures aux États-Unis, avec 80,5 % de morsures de chiens, 13,2 % de chats, 5,2 % de rongeurs domestiques ou sauvages, et de manière plus anecdotique par le bétail, les singes, les reptiles et les chauves-souris [4]. La gravité potentielle dépend de l’agressivité de l’animal mordeur ainsi que de l’importance des lésions mécaniques, du pouvoir pathogène des agents infectieux inoculés, du terrain préexistant de la personne mordue (diabète, éthylisme, splénectomie, autres immunodépressions, etc.) et de la qualité et précocité de la prise en charge. Bien que parfois considérées comme anodines, les morsures s’infectent souvent avec la flore orale du mordeur (qu’elle soit commensale, ou influencée par les aliments précédemment ingérés) ou, plus rarement, avec la flore cutanée du mordu. Des complications locales peuvent exceptionnellement nécessiter l’amputation d’un membre. Des complications systémiques grevées d’une importante morbidité peuvent entraîner le décès, comme en cas d’infection par Capnocytophaga canimorsus chez un patient immunodéprimé [5]. La gestion de la prévention du tétanos doit être systématique après toute plaie pénétrante, celle de la rage après toute morsure ou griffure par un mammifère, qu’il soit sauvage ou domestique. Enfin, les conséquences psychologiques d’une attaque animale sont un problème souvent sous-estimé alors que 50 % des enfants ayant subi une attaque de chien souffrent d’un syndrome de stress post-traumatique [6]. Le cas particulier des envenimations inhérent aux morsures de reptiles ou aux piqûres d’hyménoptères n’est pas détaillé dans cet article.

 

références

[1]  Djellalil A., Galatis N., Tamisier M., Zunino F.M., Mastropasqua S., Kiegel P. Évaluation de l’indication des sutures et de l’antibiothérapie dans la prise en charge des plaies par morsure de chats et de chiens J Eur Urg 2007 ;  20 (Suppl. 1) : 156-157

[2] Ribeiro C, Sallaz G, Fontanel A. Les morsures et les griffures d’animaux en France métropolitaine. Les_morsures_et_les_griffures_d_animaux_en_France_metropolitaine.pdf.

[3] Ozanne-Smith J., Ashby K., Stathakis V.Z. Dog bite and injury prevention-analysis, critical review, and research agenda Injury Prev 2001 ;  7 : 321-326

[4] Steele M.T., Ma O.J., Nakase J., Moran G.J., Mower W.R., Ong S., et al. Epidemiology of animal exposures presenting to emergency departments Acad Emerg Med 2007 ;  14 : 398-403

[5] Pers C., Gahrn-Hansen B., Frederiksen W. Capnocytophaga canimorsus septicemia in Denmark, 1982-1995: review of 39 cases Clin Infect Dis 1996 ;  23 : 71-75

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Toute référence à cet article doit porter la mention : F. Goehringer, T. May. Infections à la suite de morsures et griffures. EMC – Maladies infectieuses 2015;12(3):1-7 [Article 8-003-O-10].

 

 

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