Paroles d’expert – Médecine

Chirurgie de l’hallux valgus chez l’enfant

P. Souchet

L’hallux valgus juvénile et de l’adolescent est une déformation fréquente [1] (de 2 à 4 %). Comme chez l’adulte, l’HV est défi ni comme une déviation latérale du gros orteil et médiale de M1, avec l’apex de la déformation au niveau de la première articulation métatarsophalangienne (MTP1 ) [2, 3].
Plusieurs caractéristiques cliniques distinguent l’HV de l’enfant de celui de l’adulte. La dégénérescence arthrosique et une importante bursite sont rares. On retrouve moins de pronation et de subluxation des sésamoïdes [4-6]. La déformation est plus fréquente chez les filles que chez les garçons, jusqu’à 88 % de filles. La déformation est généralement bilatérale.
La prise en charge de l’HV après la fermeture de la physe proximale de M1 n’a pas de particularité par rapport à la prise en charge de l’adulte. Il n’existe aucun consensus sur le traitement chirurgical optimal.
Il nous semble plus important de développer l’HV de l’enfant et du nouveau-né pour ses caractéristiques pédiatriques et les pièges diagnostiques qu’il peut cacher. Voir l’intégralité de l’article ≫

Association entre les radiations ionisantes naturelles et les tumeurs cérébrales de l’enfant

J. Berlivet
Sous la direction de D. Hémon

Auteurs

État de la question

L’étiologie des tumeurs cérébrales (TC) de l’enfant est mal connue et les radiations ionisantes à fortes doses, classées « cancérogène certain » par le CIRC, restent le seul facteur de risque externe établi à ce jour. La relation entre l’exposition aux radiations ionisantes à faible dose d’origine naturelle (RIN) et les TC de l’enfant a été étudiée dans plusieurs travaux dont les méthodes et les résultats ne sont pas totalement convergents. Parmi les cinq études les plus récentes, deux ont considéré l’exposition aux rayonnements gamma, mais une seule a conclu à une association positive avec les TC, en considérant une exposition cumulée. Quatre études ont considéré l’exposition au radon et pour trois d’entre elles, basées sur un grand nombre de cas, les associations avec les TC de l’enfant étaient non significatives. Voir l’intégralité de l’article ≫

Les sorties d’hospitalisation

L’hospitalisation des patients âgés, même programmée et justifiée, peut entraîner des effets délétères sur le maintien de l’autonomie. Il importe d’éviter leur survenue et de préparer le retour à domicile, en veillant à un rapprochement entre l’aide et les soins, grâce à une meilleure coordination de l’intervention des professionnels du secteur sanitaire et du secteur médicosocial.

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Discordance entre HbA1c et résultat de l’autosurveillance glycémique

Introduction aux cas cliniques, état de l’art

Depuis la mise au point de son dosage, dans les années 1970–1980 [1–3], l’HbA1c est considérée comme le « gold standard » de la surveillance des états diabétiques [4–6]. Ce dosage paraît aujourd’hui d’une telle banalité que l’on finit par oublier toutes les étapes qui ont mené à l’obtention d’un dosage fiable. Le succès de l’HbA1c en tant que marqueur de l’équilibre glycémique est lié à deux éléments : il intègre l’exposition totale au glucose sur une période de 3 mois [4,7–9] et son dosage trimestriel est indépendant de l’heure du prélèvement, puisque le taux de l’HbA1c n’est pas influencé par la proximité d’une prise alimentaire. Chez l’adulte normal, la majorité de l’hémoglobine (Hb) dans les globules rouges natifs est représentée par l’HbA (97 % du total), le reste étant sous forme d’HbA2 (2,5 % du total) et d’HbF (0,5 % du total). Ces trois types d’hémoglobine sont codés par des gènes différents. Leurs différences résident dans les quatre chaînes protéiques qui s’insèrent sur les quatre noyaux héminiques centraux : deux chaînes α et deux chaînes β pour l’HbA ; deux chaînes α et deux chaînes δ pour l’HbA2 ; deux chaînes α et deux chaînes γ pour l’HbF. À ces variantes génétiques viennent se surajouter des modifications post-traductionnelles qui portent sur l’HbA et qui sont obtenues par carbamylation, acylation, sulfatation et surtout par glycation. Cette dernière réaction conduit à la fixation non enzymatique d’un sucre ou d’un dérivé sucré sur une chaîne protéique. Dans le cas de l’HbA1c, cette réaction post-traductionnelle démarre avec la naissance du globule rouge, à l’instant où il se trouve pour la première fois de son existence au contact du glucose plasmatique [1,7]. Elle se poursuit ultérieurement pendant les 120 jours de la durée de vie du globule rouge (figure 6.1). La fixation non enzymatique (« glycation ») est proportionnelle à la concentration plasmatique du glucose[1,7]. Ainsi une partie de l’HbA, qui constitue 97 % de l’hémoglobine totale dans le globule rouge natif, se transforme en hémoglobine glyquée. Dans le sang d’un adulte normal, qui est constitué par une cohorte d’érythrocytes jeunes, vieux ou d’âge intermédiaire, les différentes fractions de l’Hb sont réparties de la manière suivante (tableau 6.1). Voir l’intégralité de l’article ≫

Régimes à la mode, un article de l’EMC Endocrinologie-Nutrition

Auteur

J.-M. Lecerf,  Service de nutrition, Institut Pasteur de Lille, 1, rue du Professeur-Calmette, BP 245, 59019 Lille cedex, France

Résumé

Les régimes à la mode fleurissent à une vitesse accélérée depuis quelques années. Cette prolifération a plusieurs origines qui sont analysées ici, en particulier une recherche de solution simple à des pathologies ayant un traitement difficile, mais aussi un individualisme qui s’exprime à travers ces choix, renforcé par une perte de transmission des repères alimentaires. Ces modes ne s’inscrivent pas dans une approche diététique rationnelle. Sont passés en revue successivement les régimes amaigrissants à la mode, les régimes d’exclusion dits régime « sans » (sans lait, sans blé – sans gluten -, sans viande, sans aliment cuit, paléolithique), et enfin le jeûne, nouvelle mode. Les justifications erronées ou non, les effets indésirables ou les bénéfices sont décrits. Il apparaît que la multitude de régimes amaigrissants expose aux mêmes risques de déficits, de troubles du comportement alimentaire et surtout de reprise de poids, du fait d’une résistance à l’amaigrissement dont ce texte détaille très largement les mécanismes. Les régimes sans lait n’ont que très peu d’indications réelles et exposent à des déséquilibres nutritionnels et à des conséquences négatives multiples pour la santé. Le régime sans gluten est totalement justifié dans la maladie cœliaque et ses différentes formes ; l’hypersensibilité au gluten est une entité mal définie qui est probablement le plus souvent due à un autre problème. Le régime végétarien est un choix le plus souvent philosophique ; c’est un régime qui peut être équilibré alors que le régime végétalien entraîne des carences. Le régime paléolithique a des effets démontrés mais n’est guère applicable. Le régime cru n’a pas d’intérêt et plutôt des inconvénients. Le jeûne est une pratique qui a fondamentalement une signification spirituelle, à laquelle on attribue des vertus qu’il n’a pas démontrées. Désignant certains aliments comme mauvais, ils s’apparentent à de l’antinutrition.

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Une pathologie pouvant être responsable de déficience intellectuelle : le syndrome de l’X fragile

N’ayant pas pour objectif de faire un inventaire de toutes les maladies à déficience intellectuelle connues dans le monde de la médecine, les auteurs ont choisi de se focaliser sur l’une des affections les plus retrouvées et expertisées en consultation de génétique : le syndrome de l’X fragile. Voir l’intégralité de l’article ≫

Internet et bactériologie médicale

A. Philippon

Introduction

En un peu moins de 15 ans, Internet est devenu incontournable aussi bien dans la vie personnelle que professionnelle. L’importance d’Internet et des technologies qui y sont associées est attestée en France par l’existence d’une ministre déléguée aux petites et moyennes entreprises (PME), à l’Innovation et à l’Économie numérique, ayant rappelé en 2010 que : « les TICE ou technologies de l’information et de la communication généraient 25 % de la croissance mondiale et 40 % des gains de productivité en Europe ».
Au XXIe siècle, il est devenu possible d’écrire ou d’envoyer des images en temps réel à des collègues n’importe où sur la planète. L’e-learning ou la formation à distance, l’e-éducation, l’e-santé en sont encore à leurs balbutiements, en particulier en France. L’éducation et la médecine vont ainsi être profondément transformées au cours de la décennie prochaine. On retiendra surtout l’accès facile et rapide, souvent en moins d’une seconde, à une source phénoménale d’informations avec plus de 1000 milliards de sites en ligne dont, le plus souvent, l’accès est gratuit !

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M-ABC : quels troubles moteurs chez les enfants autistes ?

Une étude portant sur une cohorte de vingt-deux garçons montre que la motricité globale des enfants autistes est altérée. Des résultats qui méritent d’être affinés, entre autres, par l’évaluation du contrôle visuo-moteur et de la coordination pour améliorer la prise en charge. A lire dans la revue Science & Sports.

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Pour ou contre la légalisation du cannabis ?

Le cannabis est l’objet de nombreux travaux scientifiques, comme le montrent les 23 734 publications indexées dans PubMed au 08/07/2016. Les domaines d’investigations le concernant sont très divers : mécanismes d’action, métabolisme, toxicité, effets somatiques, effets sur le psychisme, etc. Parallèlement, son statut juridique est depuis de nombreuses années un sujet de débats en France et dans de nombreux autres pays. En France, depuis quelques décennies, les usages du cannabis ont été souvent décrits en termes de convivialité et de détente. Certains consommateurs sont caractérisés par un usage ponctuel et sociable volontiers qualifié de « festif » ou « récréatif », tandis que d’autres le sont par un usage régulier et solitaire [1]. Parallèlement, l’intérêt thérapeutique de certains de ses principes actifs, et en particulier du delta-9-tetrahydrocannabinol (THC) et du cannabidiol, est venu s’immiscer dans les débats relatifs à la toxicité de cette plante sous le prétexte que « si c’est un médicament, c’est bon pour la santé ». Un tel adage est un non-sens scientifique.

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Savoirs et pratiques : la culture à l’hôpital

Projet d’établissement

Culture et prise en charge globale des patients

Yann Bubien, Directeur général du CHU d’Angers, CHU d’Angers, 4, rue Larrey, 49100 Angers, France YaBubien@chu-angers.fr

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