Paroles d’expert-Nutrition

Y a-t-il des régimes « miracles » pour traiter le diabète sucré ?

La prise en charge hygiéno-diététique demeure un traitement incontournable pour la majorité des patients diabétiques obèses. En effet, bien que leurs résultats soient spectaculaires, les techniques de la chirurgie bariatrique, appelée encore chirurgie « métabolique », restent réservées aux obésités morbides. De plus, à ce jour, les traitements pharmacologiques de l’obésité restent soit peu efficaces (perte de quelques kilogrammes) soit grevés d’effets secondaires suffisamment préoccupants pour que leur utilisation soit interdite ou reste limitée. À ce jour, le seul médicament utilisable en France pour faciliter les pertes de poids est l’orlistat (Xenical®), une antilipase intestinale destinée à inhiber la digestion des graisses alimentaires. Toutefois, la prescription de ce médicament reste confidentielle en raison de ses effets secondaires digestifs à type de diarrhée graisseuse (stéatorrhée). Les neuromédiateurs de type amphétaminique ou sérotoninergique ont été retirés depuis plusieurs années de la pharmacopée en raison de leurs effets néfastes : troubles cardiovasculaires et psychiques pour les amphétamines et risque d’hypertension artérielle pulmonaire pour les sérotoninergiques. Les antagonistes des récepteurs aux cannabinoïdes (rimonabant), qui avaient soulevé quelques espoirs il y a quelques années n’ont été commercialisés que sur une période de temps courte et ils ont été retirés du marché rapidement en raison de leurs effets secondaires. Aux États-Unis où l’obésité et le diabète de type 2 sont beaucoup plus fréquents qu’en Europe, certains produits médicamenteux sont prescrits dans le traitement de l’obésité. Certains d’entre eux nous paraissent au premier abord « peu recommandables » car pouvant avoir des effets néfastes sur le comportement neuropsychique des individus. En effet, ces produits sont utilisés en général comme antiépileptiques ou pour le déconditionnement de certaines addictions à l’alcool en particulier.

Voir l’intégralité de l’article ≫

Manger Top, une démarche de marketing social bénéfique en milieu défavorisé

Manger Top, a social marketing approach in a disadvantaged neighborhood

Axel Gamburzewa,∗, Nicolas Darcela, Rozenn Gazanb, Christophe Duboisc, Matthieu Maillotb, Daniel Toméa, Sandrine Raffind, Nicole Darmonc

Références Auteurs

Résumé

De février à juin 2014, une intervention a été menée dans 2 supermarchés dans les quartiers Nord de Marseille. Une sélection d’aliments peu coûteux et de bonne qualité nutritionnelle ont été signalés en rayon avec un logo « MANGER TOP », accompagné d’un dispositif de marketing et de communication en magasin : dépliants, affiches, tête de gondole, stand de dégustation. L’analyse des achats des clients porteurs de carte de fidélité a montré un effet positif de l’intervention sur l’achat de fruits et légumes et de féculents MANGER TOP. Des questionnaires à la sortie des magasins ont montré que 31 % des clients ont vu le dispositif MANGER TOP, et ce pourcentage augmentait significativement à la fin de l’intervention. Une enquête plus approfondie a montré que les clients qui avaient vu le dispositif MANGER TOP obtenaient des scores significativement plus élevés à un quiz sur la nutrition et comprenaient mieux le logo, ce qui souligne les différences de réceptivité du message dans la population cible.

Mots clés
Intervention Population défavorisée Profil nutritionnel Étiquetage nutritionnel Marketing social Achats

 

Voir l’intégralité de l’article ≫

Obésité et Diabète, le véritable rôle des perturbateurs endocriniens

Résumé

Les perturbateurs endocriniens environnementaux (PEE) sont des molécules naturelles ou chimiques capables d’interférer avec le système endocrinien, mais également de perturber les voies de signalisation du métabolisme glucidique et lipidique. Ils sont ubiquitaires dans notre environnement quotidien, et impliqués dans de nombreuses pathologies, parmi lesquelles Voir l’intégralité de l’article ≫

Le point sur l’huile de palme, par le nutritionniste J.-M. Lecerf

Résumé 

L’huile de palme est l’objet de nombreuses critiques. Certaines sont liées a des considérations nutritionnelles. Le but de cet article est de faire le point objectif sur ses inconvénients et sur ses atouts, afin d’en tirer des conclusions sur sa place dans l’alimentation. Elle contient 50 % d’acides gras satures (AGS) et 50 % d’acides gras insaturés. Brute, elle est très riche en tocotrienols et en caroténoïdes (responsables de sa couleur rouge). En Occident, ce sont ses fractions raffinées qui sont souvent utilisées.

Voir l’intégralité de l’article ≫

Tout le monde peut s’autoproclamer nutritionniste… qui l’est vraiment ?

Notre revue, Médecine des maladies Métaboliques, a choisi de s’intéresser, dès l’origine, à toutes les maladies métaboliques, et pas seulement aux diabètes. Ceci justifie le titre de notre revue. Certes, le diabète occupe, aujourd’hui, une place majeure, voire la place principale, parmi les maladies non transmissibles identifiées comme le nouvel enjeu santé du 21e siècle. Mais tout ce qui a trait à l’alimentation humaine est Voir l’intégralité de l’article ≫

La part de l’alimentation dans la prévention des maladies : les supplémentations vitaminiques

Les supplémentations vitaminiques systématiques : ont-elles une place dans la prévention des maladies chroniques ?

Are systematic supplementations with vitamins useful in the prevention of chronic diseases?

Voir l’intégralité de l’article ≫

Allergies alimentaires : Problèmes actuels de sécurité alimentaire

Évaluation du risque : intérêt des seuils réactogènes

M. Drouet

L’appréciation du risque dans l’allergie alimentaire immédiate, situation où les réactions peuvent être sévères voire fatales, est basée sur l’évaluation des seuils réactogènes. Toutefois, le terme de « seuil réactogène » peut avoir des significations différentes selon les différents protagonistes. Pour le sujet allergique consommateur, l’intérêt est de connaître son propre seuil réactogène, c’est-à-dire la plus petite quantité d’aliment nécessaire pour déclencher une réaction allergique. Pour une population allergique, la notion de seuil réactogène pourrait être la plus petite quantité d’aliment susceptible de déclencher une réaction allergique chez la majorité des individus sensibilisés ou pour un pourcentage déterminé de cette population allergique. Pour l’industrie agro-alimentaire et les autorités de régulation, la notion de seuil pourrait correspondre à la quantité d’allergène potentiellement présente suite à une présence fortuite ou une contamination croisée dans la chaîne de production alimentaire, quantité mesurable par les techniques de détection actuellement disponibles.

Voir l’intégralité de l’article ≫

Hypoglycémies chez les patients diabétiques

S. Halimi

Les hypoglycémies sont des complications aiguës inhérentes à la recherche d’un bon contrôle glycémique chez les diabétiques de type 1 puisque tous traités par insuline. Ces accidents métaboliques peuvent constituer un obstacle à l’atteinte de cet objectif, grandement altérer leur qualité de vie et les limiter dans leurs choix professionnels ou leurs loisirs. Les hypoglycémies peuvent entraîner chez eux des accidents graves, voire exceptionnellement des décès. La recherche offre aujourd’hui des solutions, comme de nouvelles insulines permettant de réduire la fréquence des hypoglycémies pour un même niveau glycémique atteint (HbA1c) et surtout des développements technologiques, capteurs utilisés seuls ou couplés aux pompes à insuline alertant le patient et/ou interrompant transitoirement la délivrance d’insuline. L’approche éducative reste néanmoins indispensable en ce domaine. Chez les diabétiques de type 2, les hypoglycémies surviennent chez les patients traités par insuline et posent le même type de problème. Pour les diabétiques de type 2 traités par sulfonylurées ou glinides, les hypoglycémies sont aujourd’hui mieux reconnues quant à leur fréquence et leur sévérité. Chez ces patients souvent âgés, un lien entre hypoglycémies sévères et surrisque de mortalité, en particulier cardiovasculaire, est aujourd’hui fortement suspecté. La question posée chez les diabétiques de type 2 ne recevant pas d’insuline est l’existence d’alternatives thérapeutiques, nouveaux antidiabétiques oraux ou injectables dont le coût est toutefois sensiblement plus élevé et en limite l’usage. D’une manière générale, la fréquence des hypoglycémies a longtemps été sous-estimée, surtout chez les diabétiques de type 2, et leur recherche systématique ainsi que leur prévention sont aujourd’hui un des fondements de nos choix d’objectifs et de traitement. Ceux-ci doivent tenir compte de la fragilité de chaque patient, de son risque hypoglycémique et donc aboutir à des objectifs individualisés sans négliger le rôle incontournable des mesures éducatives. Voir l’intégralité de l’article ≫

Alimentation en cas d’intolérance au lactose

Principes généraux

L’intolérance au lactose est la conséquence de l’insuffisance de l’activité enzymatique de la lactase nécessaire à l’absorption du lactose contenu dans le lait et les produits laitiers. L’insuffisance en lactase est extrêmement fréquente, mais elle ne relève d’un traitement diététique que si elle est symptomatique ce qui est beaucoup moins fréquent. Le degré d’éviction du lactose alimentaire doit être adapté au niveau d’activité résiduelle de la lactase. Dans les formes secondaires, l’éviction doit être généralement plus rigoureuse que dans les formes acquises à l’âge adulte. Voir l’intégralité de l’article ≫

Discordance entre HbA1c et résultat de l’autosurveillance glycémique

Introduction aux cas cliniques, état de l’art

Depuis la mise au point de son dosage, dans les années 1970–1980 [1–3], l’HbA1c est considérée comme le « gold standard » de la surveillance des états diabétiques [4–6]. Ce dosage paraît aujourd’hui d’une telle banalité que l’on finit par oublier toutes les étapes qui ont mené à l’obtention d’un dosage fiable. Le succès de l’HbA1c en tant que marqueur de l’équilibre glycémique est lié à deux éléments : il intègre l’exposition totale au glucose sur une période de 3 mois [4,7–9] et son dosage trimestriel est indépendant de l’heure du prélèvement, puisque le taux de l’HbA1c n’est pas influencé par la proximité d’une prise alimentaire. Chez l’adulte normal, la majorité de l’hémoglobine (Hb) dans les globules rouges natifs est représentée par l’HbA (97 % du total), le reste étant sous forme d’HbA2 (2,5 % du total) et d’HbF (0,5 % du total). Ces trois types d’hémoglobine sont codés par des gènes différents. Leurs différences résident dans les quatre chaînes protéiques qui s’insèrent sur les quatre noyaux héminiques centraux : deux chaînes α et deux chaînes β pour l’HbA ; deux chaînes α et deux chaînes δ pour l’HbA2 ; deux chaînes α et deux chaînes γ pour l’HbF. À ces variantes génétiques viennent se surajouter des modifications post-traductionnelles qui portent sur l’HbA et qui sont obtenues par carbamylation, acylation, sulfatation et surtout par glycation. Cette dernière réaction conduit à la fixation non enzymatique d’un sucre ou d’un dérivé sucré sur une chaîne protéique. Dans le cas de l’HbA1c, cette réaction post-traductionnelle démarre avec la naissance du globule rouge, à l’instant où il se trouve pour la première fois de son existence au contact du glucose plasmatique [1,7]. Elle se poursuit ultérieurement pendant les 120 jours de la durée de vie du globule rouge (figure 6.1). La fixation non enzymatique (« glycation ») est proportionnelle à la concentration plasmatique du glucose[1,7]. Ainsi une partie de l’HbA, qui constitue 97 % de l’hémoglobine totale dans le globule rouge natif, se transforme en hémoglobine glyquée. Dans le sang d’un adulte normal, qui est constitué par une cohorte d’érythrocytes jeunes, vieux ou d’âge intermédiaire, les différentes fractions de l’Hb sont réparties de la manière suivante (tableau 6.1). Voir l’intégralité de l’article ≫