Paroles d’expert – Psychiatrie

Trauma et culture : influence des facteurs culturels dans la rencontre traumatique et perspectives psychothérapeutiques

Trauma and culture: Influence of cultural factors and psychotherapeutic perspectives

William A. Houllé, , Jérémie Silès, Pascale Tarquinio, Cyril Tarquinio
Équipe de psychologie de la santé de Metz (EPSaM), unité de recherche EA 4360 APEMAC (approches psychologiques et épidémiologiques des maladies chroniques), UFR sciences humaines et sociales, université de Lorraine, centre Pierre-Janet, Ile du Saulcy, 57000 Metz, France

Résumé

Il existe une variabilité interindividuelle très forte dans les conséquences psychologiques et psychiatriques faisant suite à une rencontre avec l’indicible, l’innommable. Dans le présent article, nous proposons d’explorer la dimension culturelle, son influence dans le processus de traumatisation et l’émergence potentielle du trouble de stress post-traumatique, et l’importance de sa prise en considération lors de la prise en charge psychothérapeutique des victimes. L’écologie individuelle s’articule à l’écologie collective de la communauté, à ses rites et traditions, à son mode de vie, son système de représentations, de valeurs, et à sa spiritualité. Un événement s’avère alors être traumatique pour un individu en fonction du sens donné à cette expérience de vie, appréciée au travers du prisme de codes culturels qu’il a intégrés et qui font partie de sa vie subjective. Aussi, nous reviendrons sur les modèles occidentaux psychiatriques hégémoniques étiologiques, d’évaluation et diagnostique des troubles de stress post-traumatique et leur rapport à la culture, et nous terminerons par une réflexion sur les compétences psychothérapeutiques que les professionnels se doivent de développer pour satisfaire une prise en charge intégrant la dimension culturelle des victimes. Voir l’intégralité de l’article ≫

Une psychanalyse à l’intersection des sciences ?

Cette revue prend naissance à la suite d’une série de réflexions portant sur l’état actuel de la psychanalyse dans sa relation aux connaissances dérivées d’autres domaines qui contribuent à la construction des savoirs. À l’heure de découvertes scientifiques multiples et passionnantes qui vont dans le sens des hypothèses freudiennes sur l’indissociabilité corps-esprit et la primauté des processus inconscients, il est devenu indispensable d’aborder la question du « sujet » à partir de diverses perspectives. Voir l’intégralité de l’article ≫

Le modèle cognitivo-comportemental : de B.F. Skinner à Albert Bandura

Introduction

Ce modèle postule que le comportement est principalement influencé par l’apprentissage qui prend place au sein d’un contexte social. Dans ce modèle, les différences individuelles dans le comportement sont attribuées à l’histoire d’apprentissage unique de l’individu en relation avec des personnes et des situations spécifiques, et non pas à des traits de personnalité ou à une maladie mentale. Le milieu culturel de chaque individu est vu  comme étant une partie de son histoire d’apprentissage unique. Les comportementalistes considèrent que la cohérence comportementale (que d’autres appelleraient «personnalité ») résulte d’un apprentissage généralisé et/ou de stimuli similaires présents dans les différentes situations. Par exemple, un enfant peut devenir grognon dans la plupart des circonstances si avant cela, ce comportement a été récompensé sur des années (par exemple, on cherche à lui faire plaisir), dans de nombreuses situations sociales. Dans ce modèle, on insiste sur l’importance des influences de l’environnement sur le comportement. Les facteurs génétiques et biologiques ne sont pas pour autant mis de côté, mais on considère qu’ils constituent la base à partir de laquelle l’environnement va former les comportements. Le capital génétique peut fixer des limites du potentiel comportemental ou intellectuel d’une personne, mais on stipule qu’à l’intérieur de ces limites, ce sont les facteurs d’apprentissage qui déterminent le plus le comportement. Voir l’intégralité de l’article ≫

L’enfant victime d’abus sexuel et sa famille : évaluation et traitement. Vingt ans après ?

The child victim of sexual abuse and his family: Evaluation and treatment. Twenty years later?

Emmanuel de Becker

Cliniques universitaires Saint-Luc, université catholique de Louvain, 10, avenue Hippocrate 1200 Bruxelles, Belgique

Résumé

La maltraitance sexuelle sur enfant demeure une problématique complexe concernant les volets individuels, familiaux, collectifs et sociétaux. Les chiffres de l’OMS sont éloquents et montrent combien l’abus sexuel de l’enfant existe encore et toujours. Rappelons combien celui-ci constitue un maillon vulnérable de la société susceptible de servir de surface de projections, d’objet de de´ charges pulsionnelles quand l’adulte éprouve mal-être, frustration et besoin de jouissance immédiate. Quelle que soit la nature de la maltraitance, qu’elle soit physique, sexuelle, psychologique ou qu’elle recouvre les diverses formes de négligence, l’enfant demeure à haut risque de connaître les multiples retombées du traumatisme. Selon les pays, la révélation d’abus portée par l’enfant ou par un tiers sera soit « judiciarisée » soit orientée vers le secteur médico-psychosocial. En 1997, notre ouvrage proposait repères et réflexions sur les aspects d’évaluation et du traitement de l’enfant victime d’abus sexuel et de sa famille. Nous avons estimé opportun, vingt ans après, de réaliser une actualisation des aspects développés en s’appuyant sur quatre axes réflexifs. La finalité consiste à montrer les évolutions de la pratique au regard des transformations intervenues sur bien des aspects et points d’attention que comprend la prise en charge des situations de maltraitance. 

©2017 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. Voir l’intégralité de l’article ≫

Douleur

M.-T. Paul-Coudray , A. Simon (superviseur : Ph. Drabs)

Aborder ce thème d’une façon positive et pleine d’espoir est le message important à transmettre. La sophrologie est une aide précieuse dans l’accompagnement de personnes douloureuses, elle rend acteurs de leur mieux-être des patients confrontés à la sensation douloureuse présente dans leur corps et leur vie et elle peut leur apporter une nouvelle liberté. Voir l’intégralité de l’article ≫

Érika prend ses pensées pour des vérités

Ces dernières années, la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) a attiré l’attention des chercheurs et des cliniciens dans l’intervention auprès des adolescents ( Hayes, Strosahl, & Wilson, 2012 ). Ce chapitre décrit une prise en charge ACT auprès d’une adolescente présentant des pensées intrusives et obsessionnelles. La prise en charge d’Érika sera décrite et commentée séance par séance. Voir l’intégralité de l’article ≫

Soigner l’EHPAD

To care the nursing home

Parmi toutes les tâches incombant aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), il en est une dont il n’est pas souvent question mais qui mériterait d’être inscrite en tête de leur ordre du jour. C’est celle de s’interroger, non pas sur leur projet, mais sur ce qui les empêche de le réaliser. Autrement dit, de détacher un temps leur attention des recommandations et des protocoles pour considérer la vie réelle des résidents et se demander pourquoi la survie d’un certain nombre ne dépasse pas l’année de leur admission. Le refus catégorique des soignants de finir leurs jours dans ce type d’établissement montre bien, d’une autre manière, qu’il ne suffit pas de respecter les droits des personnes pour en faire des lieux ouverts à la vie. Mais il y a plus grave, ce sont les pathologies somatiques et psychiatriques favorisées sinon engendrées par cet univers fermé qu’est l’institution gériatrique, qui se répercutent aussi sur l’espérance de survie moyenne en EHPAD. Voir l’intégralité de l’article ≫

Explorer le sommeil : TCC dans l’autisme et le retard mental

Les plaintes concernant le sommeil sont très fréquentes dans cette population : difficultés pour s’endormir, réveils au milieu de la nuit, réveil matinal précoce, etc. Un mauvais sommeil entraîne une journée pénible pour le patient et pour son entourage : fatigue, manque de concentration, irritabilité.
La question de l’insomnie fait intervenir, presque dans tous les cas, des facteurs biologiques et/ou des processus de conditionnement répondant.

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Remédiation cognitive dans l’alcoolo-dépendance

En France, 2 millions de personnes sont alcoolo-dépendantes. En 2012, l’usage nocif de l’alcool a été à l’origine de 3,3 millions de décès dans le monde (OMS, 2014). Au-delà de la dépendance qu’il favorise, l’alcool augmente le risque de développer plus de 200 maladies. L’alcool est à l’origine de 50 000 décès par an en France (Effertz, 2013).
Les réponses thérapeutiques sont peu nombreuses. L’efficacité de très peu de traitements médicamenteux est avérée dans les addictions (Potenza et al. , 2011 ; Sofuoglu & Kosten, 2004 ; Soyka et Lieb, 2015). Par contre, nous disposons de preuves scientifiques sur l’efficacité d’un certain nombre de traitements non médicamenteux (Carroll & Onken 2005 ; Dutra et al. , 2008 ; Miller & Wilbourne 2002 ), dont l’entretien motivationnel (EM), le management de contingences (MC) et les thérapies cognitives et comportementales (TCC). Cependant, les effets de ces thérapies sont d’intensité modérée et leurs bénéfices comportementaux varient largement selon les individus (Dutra et al. , 2008). Par conséquent, se concentrer sur les variables individuelles associées est une stratégie intéressante pour améliorer l’efficacité des traitements comportementaux.

R. Miranda , N. Bordas , A. Benyamina

Auteurs

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L’examen en psychiatrie

L’examen clinique

J.D. Guelfi, F. Rouillon

Comme en médecine physique, l’examen d’un patient en psychiatrie vise à recueillir des signes cliniques dans le but d’établir un diagnostic, d’évaluer le pronostic et d’orienter une thérapeutique. Mais ici, la sémiologie est largement dominée par le « matériel » verbal ; si le corps s’exprime à la fois par ses symptômes (mimique, tonalité de la voix, ralentissement gestuel, etc.) et par ses comportements, il n’est guère, en psychiatrie, l’objet d’investigation directe, médiatisée par une technique codifiée de l’examen. Voir l’intégralité de l’article ≫