Paroles d’expert – rhumatologie

Horloge biologique et pathologies osseuses

Résumé

Le rythme circadien est à l’origine de la régulation de plusieurs fonctions des cellules et des tissus que l’on appelle horloge biologique. Le centre coordonnateur est localisé dans l’hypothalamus et contrôle de multiples fonctions physiologiques déjà identifiées telles que la température, les processus endocriniens et l’immunité. Chaque cellule possède également un rythme circadien propre au travers d’un groupe de gènes, notamment Per1, Per2, Cry1, Cry2, Bmal1 et Clock. Ils activent la migration des cellules souches mésenchymateuses et la différenciation des adipocytes. Ils activent également les gènes chondrocytaires pour permettre l’ossification endochondrale pendant la croissance. L’invalidation du gène Bmal1 chez la souris induit une ostéoporose par défaut de maturation ostéoblastique et une augmentation de la résorption liée à un excès local de RANKL. Ces gènes pourraient aussi moduler la réponse de plusieurs hormones (cortisol, vitamine D, parathormone) ou des signaux locaux comme Wnt. Les rythmes ont une influence sur l’effet des médicaments et pourraient être utiles à leur analyse pharmacologique. Chez la souris, la parathormone favorise le remodelage et la réparation osseuse lorsque ces gènes sont activés. Les travaux en pathologie humaine sont rares, mais par exemple, les inhibiteurs de la résorption sont plus efficaces en prise matinale qu’en prise nocturne suggérant une sensibilité variable en fonction du cycle cellulaire. Les gènes de l’horloge contribuent au maintien du cartilage et leur expression diminue avec la progression de l’arthrose chez l’homme. Son invalidation chez la souris accélère la perte de cartilage en augmentant le catabolisme chondrocytaire. À ce jour, les travaux portent sur une meilleure compréhension du rôle de ces gènes dans la physiologie des tissus ou le développement des maladies. Il est à parier qu’ils aideront à définir des nouvelles populations à risque ou des modalités d’administration thérapeutiques. Voir l’intégralité de l’article ≫

Les traitements de la goutte ont-ils un bénéfice cardiovasculaire ?

La goutte s’associe très fréquemment à de nombreuses comorbidités, notamment cardiovasculaires, qui expliquent en grande partie l’augmentation de la mortalité observée au cours de cette maladie. De nombreuses études, mais pas toutes, ont suggéré que l’hyperuricémie et/ou la goutte étaient des facteurs de risque d’insuffisance coronarienne, d’insuffisance cardiaque et d’hypertension artérielle. C’est la raison pour laquelle la connaissance des effets cardiovasculaires des différents traitements de cette maladie est primordiale pour le clinicien. Parmi les hypouricémiants, c’est surtout l’allopurinol qui a été étudié. Deux études d’intervention ont démontré que cet inhibiteur de la xanthine oxydase pouvait améliorer l’insuffisance coronarienne et diminuer les chiffres de tension artérielle chez les adolescents obèses avec hyperuricémie. Par ailleurs, plusieurs études pharmaco-épidémiologiques ont suggéré que la prise d’allopurinol diminuait le risque d’infarctus du myocarde. En revanche, l’impact de l’allopurinol sur l’insuffisance cardiaque semble nul.

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